Banques et agios, ce qu’il faut savoir

Lors des fins de mois difficiles, une autorisation de découvert est souvent la bienvenue. Ce service de la banque a évidemment un coût, payé sous la forme d’agios.

illustration-billet-euro

Les agios : Comment ça marche ?

Les agios sont les intérêts perçus par le prêteur en contrepartie des découverts ou des crédits utilisés par l’emprunteur.

Lors des fins de mois difficiles, un découvert est vite arrivé. L’autorisation de découvert a un coût, sous forme d’intérêts qu’il est préférable de négocier quand vous le pouvez.

Si la banque vous donne une autorisation de découvert, elle formalise cet accord en vous faisant signer une convention. Ce document officiel vous précise le montant de votre découvert. Vous ne serez pas libre de le choisir puisqu’il sera fixé en fonction du niveau de vos revenus, mais aussi de l’épargne bloquée que vous possédez (plan d’épargne-logement, comptes de titres…).

La convention devra également indiquer le coût du découvert, exprimé sous la forme d’un taux effectif global, et sa durée (limitée ou illimitée).

Nous vous conseillons vivement de négocier avec votre chargé(e) de clientèle. Si vous êtes un bon client, quelques gestes commerciaux pourront vous être accordés, comme une dispense temporaire d’intérêts sur vos découverts ou même la possibilité de vous accorder un taux d’intérêt plus avantageux que celui affiché sur le guide tarifaire de la banque.

Il est souhaitable de négocier vos agios lorsque vos comptes vous le permettent afin de gagner en crédibilité.

Ce qu’il faut savoir

La banque est dans l’obligation de vous communiquer le taux d’intérêt du découvert. La banque fixe librement ses taux, avec pour seule limite de ne pas dépasser le taux de l’usure.

De manière générale, les directions fixent un minimum et un maximum à respecter.

Ensuite, chaque agence laisse à ses chargés de clientèle une marge de manœuvre qui leur permet d’accorder un taux plus avantageux aux bons clients. En réalité, les taux des découverts sont sensiblement les mêmes d’une banque à l’autre.

Si vous vous retrouvez avec un découvert pendant quelques jours alors que vous êtes en attente de futures rentrées, la banque vous facturera quand même des intérêts.

Si votre découvert est trop important et si votre banque décide de ne plus vous l’accorder, elle peut le faire sans vous en avertir. On appelle cela la méthode « brute ». De bonnes relations avec son banquier peuvent éviter ce genre de procédés.

Comment contester un agio ?

Légalement, vous pouvez contester une opération erronée et en demander la rectification pendant dix ans, conformément à l’article L. 110-4 du Code de commerce.

Toutefois, les conditions générales de la convention de compte peuvent prévoir que les écritures passées sur le compte (pour tout ce qui a été négocié avec la banque comme les frais, les agios…) sont considérées comme approuvées dans un délai donné (généralement six mois) à défaut de contestation de votre part.

Comment bien négocier ?

Tout d’abord, soyez irréprochable aux yeux de votre banque et respectez toutes vos obligations.

Commencez donc par lui faire part de tout changement susceptible de survenir dans les informations transmises lors de l’ouverture de votre dossier.

En cas de découvert imminent, prenez les devants et passez un coup de téléphone à votre banquier afin de le prévenir. N’attendez pas qu’il vous appelle, au risque de perdre sa confiance.

Respectez vos engagements. Si vous avez promis de rembourser un découvert dans un délai précis, respectez la date. Cela facilitera vos négociations futures.

Attention, si vous voulez négocier des agios, faites-le lors de l’ouverture de votre dossier. En effet, ne mettez pas votre banque devant le fait accompli en tentant une négociation une fois votre découvert dépassé.

Afin de gagner en crédibilité, maîtrisez vos dépenses et soyez raisonnable. Évitez les achats compulsifs de toutes sortes si vous n’en avez pas les moyens et limitez le nombre de vos prêts.

Si vous êtes de nature dépensière, nous vous conseillons d’opter pour une carte de crédit à débit limité.

Vous pouvez même choisir une carte de retrait qui limite les retraits d’argent aux seuls guichets automatiques.

Les pièges à éviter

L’écueil le plus fréquent concerne les tarifications trop élevées.

Il peut s’agir de services imposés par la banque qui s’avèrent inutiles (par exemple, une carte bancaire internationale alors que vous ne voyagez pas à l’étranger).

Faites aussi attention aux changements de tarification. Votre banque est dans l’obligation de vous faire parvenir un courrier vous informant de leur application, au minimum trois mois à l’avance.

Cette nouvelle tarification s’appliquera automatiquement si vous ne dites rien au bout de deux mois.

Soyez aussi attentif aux éléments annexes qui peuvent entraîner un découvert aussi inattendu que coûteux :

Les dates de valeur : par exemple, un chèque déposé sur votre compte ne sera crédité que quelques jours plus tard. Si votre solde est faible,  faites donc attention aux retraits anticipés.

Les frais de traitement appliqués à certaines opérations (virements, prélèvements…).

Que faire en cas d’abus ?

Si vous êtes victime d’un abus, commencez par contacter votre chargé(e) de clientèle ou le directeur de la banque afin de lui expliquer la situation. Si cela ne mène à rien, adressez-lui un courrier recommandé avec accusé de réception. Enfin, si les choses n’avancent pas, vous pourrez toujours vous adresser au médiateur de la banque.

Enfin, en dernier recours, entrez en contact avec un conciliateur de justice dans un tribunal. Préférez cette option à celle consistant à saisir un juge.

En effet, les résultats obtenus par un conciliateur de justice sont très souvent satisfaisants pour des litiges d’un montant faible, voire moyen.

Votre banque sera aussi susceptible de vous faire payer des frais si elle reçoit un chèque et ne peut le débiter sur votre compte pour défaut ou insuffisance de provisions. Par exemple, un seul chèque impayé peut entraîner plus de 80 euros de frais divers.

Publicités

En mémoire de Spot