Une course à la puissance

À l’époque de la création du Bitcoin, même si la puissance requise pour générer des blocs était importante, il était possible de miner avec un simple PC.

Bitcoin

Un PC peut déployer une puissance d’environ 100 MH/s (cent millions de hashs par seconde).

Plus la compétition entre les mineurs s’est développée, moins il a été rentable de miner avec des ordinateurs. Surtout quand quelqu’un a découvert que les processeurs des cartes graphiques, les GPU, pouvaient être plus performants que les microprocesseurs d’ordinateurs. Les mineurs équipés de GPU se sont donc multipliés et on fait augmenter la difficulté du réseau. Rappelons qu’elle s’ajuste automatiquement à la puissance disponible. Cela a peu à peu rendu les ordinateurs obsolètes pour miner. Un GPU seul peut miner en moyenne à 300 ou 400 méga-hash par seconde (MH/s) et il existe des systèmes comportant plusieurs GPU en parallèle.

Constatant la forte rentabilité du minage, certains ingénieurs se sont mis à créer des circuits imprimés spécifiques pour le minage, appelés FPGA90. Cette avancée permit d’obtenir du matériel moins couteux à l’achat et plus économe en énergie, le tout en atteignant des puissances de 800 MH/s.

Tout cela serait encore plus efficace si l’on pouvait fabriquer des microprocesseurs spécifiquement destinés à appliquer l’algorithme SHA-256 ! C’est ce qu’on fait plusieurs sociétés qui ont commercialisé des boîtiers spécialisés pour le minage des Bitcoins basés sur ces microprocesseurs spécifiques appelés traditionnellement des ASIC. La puissance de ces machines s’élève actuellement à plus de de 400.000 MH/s (ou 400 GH/s) et certaines, bientôt disponibles, permettront d’atteindre les 1.500.000 MH/s (ou 1,5 TH/s).

Les prix de ces boîtiers spécialisés peuvent atteindre des dizaines de milliers de dollars et peuvent souvent être payés directement en Bitcoins. Le délai pour les obtenir n’est souvent pas connu à l’avance ou de manière très aléatoire. De nombreux clients se plaignent de recevoir trop tard leur commande ou de ne pas pouvoir échanger leur achat lorsque celui-ci tombe en panne étant donné qu’il n’y a pas (ou peu) de stock chez les fabricants.

De plus, une commande reçue avec plusieurs mois de retard peut mettre à mal tout espoir de retour sur investissement, car entre-temps la puissance du réseau et la difficulté de minage auront évolué.

Nous ne recommandons aucune de ces sociétés en particulier. Renseignez-vous bien sûr les garanties et les délais avant d’investir dans du matériel de minage.

D’autres sociétés proposent des contrats de location de matériel de minage.

Mais nous considérons ce modèle assez risqué pour les investisseurs étant donné l’absence de contrôle sur ces sociétés et surtout le fait qu’elles n’ont pas forcément intérêt à honorer leurs contrats si la rentabilité du minage augmente. Elles vendent de la puissance de minage à un certain prix pour un certain temps.

Mais, si après quelque temps, la rentabilité du minage est multipliée par 3 ou 10 ou 100, que vont-elles faire ?