Ce qu’il faut savoir sur la conduite accompagnée

Les enfants sont souvent impatients de prendre le volant et d’apprendre à conduire. Avec l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC), ils peuvent le faire dès 16 ans, à vos côtés. Passer le code, des heures de conduite, et c’est parti pour 3 000 km au volant, encadrés par vos soins.

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Comment commencer la conduite accompagnée ?

Première étape : l’épreuve théorique
La formule de la conduite accompagnée vous permet de prendre légalement le volant plus tôt que l’âge minimum.
L’inscription peut se faire dès 16 ans. Il vous faut pour cela l’accord de vos parents, de l’assureur du véhicule, et être titulaire de l’attestation scolaire de sécurité routière (ASSR) ou de l’attestation de sécurité routière (ASR). Une fois inscrit, une série d’étapes à suivre se présente à vous. Vous devez d’abord commencer à vous entraîner à l’épreuve théorique, c’est-à-dire effectuer vos premières séances de code. Jusque-là, le fonctionnement est le même que pour une formule de permis « normal » : il faut lire le code Rousseau, s’entraîner régulièrement en salle de code à votre auto-école, pour faire moins de cinq fautes pour être prêt à passer l’examen. Attention, vous ne pouvez pas valider le code avant l’âge de 16 ans et demi.

Les premières heures de conduite
Certains établissements refusent de vous faire prendre le volant tant que vous n’avez pas obtenu le code, mais d’autres considèrent au contraire que quelques heures de mise en pratique peuvent vous aider. Ils pourront donc vous autoriser quelques heures de conduite et commencer l’apprentissage pratique avec un moniteur.

L’apprentissage avec un moniteur
Vous devrez passer une évaluation préalable, destinée à fixer un nombre d’heures nécessaire à votre apprentissage. Selon les auto-écoles, cette évaluation prend la forme d’un simple test de conduite ou d’un test d’aptitudes des sens et des réflexes, via un logiciel sur ordinateur.

Vous pouvez ainsi effectuer vos heures de conduite (minimum 20, en moyenne entre 28 et 30) puis valider par le ou les moniteurs vos quatre étapes d’apprentissage, comme pour un permis normal. Mais ensuite, la formule conduite accompagnée diverge de la formule normale : au lieu de passer l’examen après cet apprentissage des compétences de base, vous commencerez à conduire un « vrai » véhicule (sans la sécurité des doubles pédales) aux côtés de votre ou vos accompagnateurs (vous pouvez en avoir plusieurs, par exemple vos parents, oncle, tante, etc.).

Le livret de suivi
Il vous est remis une fois que votre moniteur a validé par écrit vos compétences à la conduite. Il vous appartient ensuite d’y noter tous vos trajets effectués avec votre accompagnateur, dans des tableaux prévus spécialement et d’y mentionner le nombre de kilomètres, les circonstances de conduite (route de jour ou de nuit), la météo, les conditions de circulation (trafic dense par exemple), le type de route, etc.

Bon à savoir : Votre période de conduite accompagnée dure un an minimum. Vous devez parcourir 3 000 kilomètres. Veillez à faire concorder votre agenda pour l’année suivante, car à partir du jour où votre moniteur valide le début de votre conduite accompagnée, vous devez patienter un an minimum avant de pouvoir passer le permis de conduire (si vous débutez à 17 ans et demi, vous ne pourrez le passer qu’à partir de 18 ans et demi).

Les deux rendez-vous pédagogiques
Vous ne ferez pas ces 3 000 kilomètres d’une seule traite. Vous gardez un contact avec votre moniteur d’auto-école par le biais de deux rendez-vous pédagogiques. Le premier, à la moitié de votre parcours d’apprentissage, soit environ 1 500 kilomètres, permet au moniteur de voir votre évolution au volant. Vous devez logiquement être plus à l’aise et ne pas avoir pris de mauvaises habitudes. Le second rendez-vous, au terme de vos 3 000 kilomètres, est une transition avec votre passage à l’examen pratique, une avant-dernière vérification pour passer votre permis, la dernière étant vos heures de conduite pour vous préparer à votre examen et faire un briefing final. Chaque rendez-vous dure trois heures. Durant les deux premières heures, vous et votre accompagnateur et votre moniteur allez regarder une vidéo sur un sujet de la sécurité routière (vitesse, drogue et alcool au volant, etc.) puis en débattre. Cette discussion agrémentée de questions que vous posera le moniteur a pour but de vous sensibiliser aux dangers de la route. La troisième et dernière heure de ce rendez-vous, sera tout simplement une heure de conduite en auto-école, vous au volant, votre moniteur à côté, et votre accompagnateur (sa présence aux rendez-vous pédagogiques est obligatoire ).

Quelles conditions pour être accompagnateur ?

Chacun des accompagnateurs doit au moins être âgé de 28 ans, avoir le permis B depuis plus de trois ans, obtenir l’accord de son assureur et ne pas avoir été condamné pour certains délits routiers. L’accompagnateur doit être mentionné dans le livret de suivi et dans le contrat de formation, un document signé avec votre école de conduite qui atteste officiellement de votre apprentissage.

Quel rôle doit assumer l’accompagnateur ?

Il vous accompagne et vous encadre dans votre période de transition entre votre apprentissage de base et vos premières habitudes de conduite. Ainsi son rôle consiste à observer votre conduite et à apporter des conseils, des acquis en temps que conducteur expérimenté. Concrètement, il doit veiller à vos habitudes de conduite et vous préparer à votre examen du permis. Il doit adopter une attitude responsable, car c’est une sorte de « tuteur » de conduite. Lorsqu’il encadre l’apprenti, il doit être dans les mêmes conditions que s’il conduisait lui-même. Par exemple, il ne doit pas dormir (pendant que vous conduisez), ne pas avoir bu (les policiers peuvent contrôler son alcoolémie et en cas d’excès le sanctionner comme s’il était au volant), ne pas avoir consommé de drogue, etc. Important : il y a également des obligations propres à la conduite accompagnée. Vous ne pouvez pas conduire hors de France et devez respecter les limitations de vitesse spécifiques aux novices de la route. En effet, elles ne sont pas les mêmes que celles indiquées sur les panneaux : par exemple sur autoroute, la limitation de 130 kilomètres-heure passe à 110, et 100 en cas de pluie et/ou route mouillée.

Bon à savoir : En cas d’infraction au Code de la route commise par l’accompagné au volant, c’est l’accompagnateur qui sera puni. L’apprenti n’étant pas titulaire du permis B, on ne peut lui retirer de points. Cela vise aussi à responsabiliser l’accompagnateur, forcé de prendre son rôle au sérieux : c’est bien plus qu’un passager qui donne des conseils.

Cette formule est-elle intéressante financièrement ?

Au premier abord, l’AAC est plus coûteux qu’une formule traditionnelle pour passer son permis. Comptez en tout aux alentours de 2 000 euros, contre environ 1 500 pour un forfait classique. Cependant, le taux de réussite à l’examen est plus élevé que pour une filière classique. En 2015, 71 % des candidats ayant suivi l’AAC ont réussi leur permis du premier coup, contre 48,5 % pour la filière traditionnelle. Cette formule diminue donc le risque d’avoir à payer un nouveau passage à l’examen (qui s’élève tout de même à environ 100 euros). De plus, les assurances pratiquent des tarifs avantageux en faveur des conducteurs passés par un apprentissage anticipé, car ils sont considérés comme plus expérimentés. Ainsi, la surprime appliquée habituellement aux jeunes conducteurs peut être diminuée de moitié, voire supprimée chez certains assureurs.

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