Dates de péremption : Que peut-on manger ?

Dans nos armoires ou dans nos réfrigérateurs, on retrouve parfois des produits périmés. Faut-il les jeter ? Peut-on encore les consommer ? Cet article fait le point sur les dates de péremption des denrées périssables.

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La DLC et la DLUO

La date limite de consommation (DLC)

Comme le prévoit le cinquième alinéa de l’article R. 112-9 du Code de la consommation, tout distributeur est tenu d’indiquer sur chacune des denrées périssables une date limite de consommation.

Concrètement, sont ainsi concernés l’ensemble des produits frais, les laitages, les œufs, les poissons ou encore la viande. Ils portent alors l’indication « à consommer jusqu’au…», à ne surtout pas confondre avec la DLUO (lire ci-dessous).

Passée la date indiquée, la consommation des produits devient impropre à la santé. Les commerçants sont donc non seulement tenus de les retirer des rayons, mais aussi de les détruire.

Dans le cas inverse et si vous remarquez des manquements répétés, n’hésitez pas à en avertir votre Direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF).

La date limite d’utilisation optimale (DLUO)

Sur les paquets, elle est reconnaissable grâce à des mentions du type « à consommer de préférence avant fin… ».

Au-delà de la date indiquée, il n’y a généralement aucun danger à consommer les produits concernés, mais à ce moment-là, leurs qualités gustatives et nutritionnelles ne sont plus garanties.

Leur commercialisation, même s’ils sont périmés, reste donc légalement autorisée.

Péremption des denrées périssables

Dans la mesure où tout dépassement de la date limite de consommation est susceptible de présenter un danger pour la santé, il est vivement conseillé de faire preuve de prudence vis-à-vis de ces denrées.

Plus généralement, de nombreux professionnels de santé déconseillent leur consommation après la date indiquée.

Cependant, et pour éviter toute mauvaise surprise au consommateur, une marge de sécurité d’un ou deux jours est très souvent observée par les industriels.

Les crèmes desserts

C’est le type même d’aliments avec lequel il vaut mieux ne prendre aucune liberté. Passé un délai d’un ou deux jours, jetez-les. Vous risqueriez dans le cas contraire une infection alimentaire, voire une gastro-entérite pour les personnes les plus fragiles.

La charcuterie et la viande sous vide

Encore plus que pour les crèmes desserts, redoublez ici de vigilance. Y compris lorsque la date de consommation est « limite ». Dans ce cas précis, avant de faire cuire votre viande, regardez son aspect et vérifiez son odeur.

Ne rompez surtout pas la chaîne du froid. Tout écart peut entraîner une multiplication des bactéries, entre autres celle de la listériose qui peut parfois entraîner la mort.

Enfin, lorsque le paquet a été ouvert, consommez-le dans les 24 ou 48 heures.

Les pièces entières de charcuterie

Séchées ou salées (jambon, saucisson…), elles ne sont pas soumises en tant que telles à une date limite de consommation. Si une date de péremption est indiquée, elle peut être dépassée sans danger de trois semaines (pour les salaisons) à trois mois. Elles perdront de leur goût, mais ne vous, rendront pas malade.

Le cas particulier des yaourts

Les yaourts, en particulier lorsqu’ils sont nature, sont les seuls produits soumis à une date limite de consommation qui peuvent être consommés sans danger, une fois périmés.

À condition qu’ils aient été conservés au frais, vous pouvez les manger jusqu’à deux semaines après le jour indiqué.

En effet, le yaourt est par définition un produit acide et constitué de ferments lactiques vivants.

Après la DLC, son acidité peut être redoublée, mais vous ne courez aucun risque d’intoxication.

Attention cependant à ce que le laitage ne présente pas de moisissures. Dans le cas contraire, jetez-le.

DLUO : ce qui est consommable

Si les produits dont la DLUO est dépassée peuvent encore être consommés un certain temps sans risque particulier pour la santé, cette durabilité est cependant variable d’une denrée à l’autre.

Ainsi, on estime généralement que les articles qui ont une étiquette mentionnant à la fois le jour et le mois doivent être consommés au plus tard dans les trois mois après la DLUO.

La durabilité est au contraire de dix-huit mois maximum pour ceux qui indiquent le mois et l’année.

Lorsque l’année seule apparaît, le produit peut alors être conservé très longtemps et pour une durée au moins supérieure à dix-huit mois.

Les produits secs

Ils ont une durée de conservation très longue, à condition d’être stockés à l’abri de l’humidité. Céréales, noix, arachides, purée ou farine peuvent donc être consommés sans risque très longtemps, y compris après la DLUO.

Ils perdront juste progressivement de leurs qualités gustatives.

Vérifiez tout de même qu’ils ne présentent pas de traces de moisissures, lesquelles peuvent être cancérogènes et entraîner des problèmes de foie.

Les conserves

Elles peuvent être consommées plusieurs années après leur DLUO. Elles ne doivent cependant pas avoir été choquées, abîmées, rouillées, ni avoir gonflé, ce qui serait le signe d’une contamination bactérienne possible. Vous pouvez alors encourir un risque de botulisme.

Les surgelés

Là encore, ces produits ont en général une durée de conservation très longue, supérieure à une année, même après la DLUO. Une odeur de carton pourra cependant progressivement imprégner l’aliment.

Par ailleurs, certaines denrées comme le steak haché ont une durabilité inférieure (pas plus de neuf mois).

Le lait

Si vous buvez du lait en brique ou en bouteille, jusqu’à deux mois après sa DLUO, vous n’encourez aucun risque sur le plan microbiologique, même si sa teneur en vitamines et en sels
minéraux se sera considérablement réduite.

Jetez-le si vous remarquez de la moisissure.

Sodas et jus de fruits

Dans ce cas précis, évitez de trop dépasser les dates maximales indiquées. À court terme, le goût de la boisson sera altéré par le matériau de la bouteille. À plus long terme, et ce d’autant plus lorsque le liquide est corrosif, vous encourez un risque de cancer.

Les méthodes de conservation

La congélation

Sur le plan domestique, il s’agit du mode de conservation le plus largement répandu. En effet, entre -9 et -18 °C, la multiplication des bactéries est stoppée et laissée en dormance.

Un produit peut ainsi être consommé même plusieurs mois après sa DLC. En revanche, ne recongelez jamais un produit qui a été décongelé. En effet, au moment de la décongélation, la prolifération microbienne reprend et le produit est à consommer rapidement.

Pour cette même raison, ne mettez jamais au congélateur un produit périmé ou « limite » : vous risqueriez une intoxication alimentaire.

Le sel et le fumage pour les viandes

Ce sont deux méthodes ancestrales de conservation alimentaire. Les composés chimiques de la fumée, tout comme le sel, jouent en effet un rôle d’antiseptique et empêchent la prolifération microbienne. Ces deux méthodes sont avant tout utilisées pour les viandes et les poissons.

Le sucre et l’alcool pour les fruits

Mis dans l’alcool, les fruits peuvent se conserver plusieurs années. En revanche, leurs vitamines et leurs qualités organoleptiques sont perdues. En les mélangeant à leur équivalent en poids de sucre, le développement des bactéries est aussi stoppé. C’est la technique utilisée pour faire de la confiture.

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