Les extensions de garantie

Je prends ou je ne prends pas ? C’est toujours la question que l’on se pose juste après celle du vendeur : « Souhaitez-vous une extension de garantie ? ». À l’heure où la technologie évolue à la vitesse de la lumière et devient de plus en plus fiable, ces petites assurances qui valent leur pesant d’or sont-elles toujours d’actualité ?

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Qu’est-ce qu’une extension de garantie ?

Téléphonie, petit ou gros électroménager, hi-fi, vidéo, informatique, automobile… les extensions de garantie sont faites, officiellement, pour étendre la durée de prise en charge initiale du constructeur d’un objet afin d’assurer au consommateur le moins de tracas possible et de sauvegarder son porte-monnaie en cas de panne.

Votre téléphone est garanti constructeur 2 ans ? Le magasin où vous l’achetez peut vous proposer d’ajouter encore 3 ans de garantie.

Ainsi, si l’appareil en question « tombe en panne au bout de 2 ans et 1 jour » — c’est souvent la phrase que les vendeurs mettent en avant ! —, vous n’avez pas les réparations à votre charge.

Mais ça, c’est la version officielle. Car l’envers du décor n’est pas tout rose.

Si la garantie constructeur est-gratuite, l’extension du distributeur nécessite une cotisation dont le montant vous est clairement signifié à l’achat… et cette option, plutôt onéreuse et pas toujours à la hauteur de ses promesses, est une véritable vache à lait pour les vendeurs et leur enseigne.

Pour quel type d’appareil ?

Il est primordial de prendre en considération l’obsolescence de l’appareil acheté. En effet, selon son utilisation — occasionnelle ou abondante —, le nombre d’utilisateurs, ses caractéristiques et son avancée technologique, il est plus ou moins judicieux d’étendre son assurance.

Pour les ordinateurs

Voilà le cas où la faculté à devenir obsolète rapidement est grande. Si le constructeur vous offre déjà 1 ou 2 ans de garantie, cela peut être amplement suffisant. Prendre une extension de 5 ans n’a pas grand intérêt dans la mesure où votre ordinateur, qu’il soit de bureau ou portable, ne sera peut-être plus assez puissant pour supporter les nouveaux logiciels à venir encore plus
performants et demandant des capacités que votre appareil n’aura pas.

D’autant que pour les ordinateurs de bureau, il est plus judicieux de rajouter de la mémoire, de changer de carte graphique le moment venu plutôt que de débourser 100 € grand minimum pour l’extension (300 € en moyenne pour un netbook) dès l’achat.

D’autant que bien souvent, les problèmes récurrents sur les ordinateurs ne sont pas pris en charge par ladite garantie.

L’électroménager

Un réfrigérateur, un sèche-linge, un four, des tables à induction… le gros électroménager est désormais bien plus fiable. Son usure est beaucoup plus longue que celui d’un PC par exemple.

Généralement, si ce type d’appareil est défectueux, il le montre dès la première année d’utilisation, période où la garantie constructeur est encore valable. S’il passe ce cap, il risque de tomber en panne dans plusieurs années, lorsque l’extension ne sera, elle, plus valable.

En revanche, lave-linge et lave-vaisselle, à usage plus intensif et demandant un mécanisme toujours impeccable, sont davantage sujets aux pannes, donc justifient l’extension de garantie.

Enfin, pas de doute, le petit électroménager (cafetière, robot multifonction…), lui, ne légitime en aucun cas une extension étant donné le prix d’achat.

Hi-fi et vidéo

Une nouvelle télévision LCD, un home cinéma dernier cri… difficile de ne pas se laisser tenter par l’extension étant donné le prix de l’acquisition. Mais son montant peut vous refroidir : il peut avoisiner les 400 ou 500 €. Ajoutez cela au coût de votre achat de base : le passage en caisse risque d’être salé.

L’automobile

Même pour les voitures, les extensions de garantie existent. La souscription doit se faire la première année suivant la mise en circulation du véhicule. Les prix varient en fonction des marques et types de véhicules.

À titre d’exemple, pour une Renault Clio, quelle que soit la motorisation ou la finition, comptez 260 € environ pour 3 ans ou 60.000 km, 395 € pour 4 ans ou 60.000 km, 645 € pour 5 ans ou 75.000 km… jusqu’à 780 € pour 5 ans ou 100.000 km. Mais renseignez-vous bien, car il arrive que les 5 ans de garantie comprennent les 2 ans constructeur.

Qu’est-ce que cela couvre ?

Avant de vous laisser tenter, sachez ouvrir l’œil et lire entre les lignes les termes du contrat, car la garantie ne couvre pas tout type de panne, ce serait bien trop beau.

Évidemment, la rédaction n’est pas toujours des plus explicites, c’est bien pour cela qu’il faut savoir décrypter et prendre son temps avant de parapher en bas de la page.

Mentions obligatoires

Ledit contrat doit en tout état de cause prévoir non seulement le remboursement des pièces défectueuses, mais également la main-d’œuvre pour le remplacement.

Doit aussi apparaître la zone géographique couverte par la garantie concernant les frais de déplacement. Bien souvent, ces derniers ne sont pris en charge que si vous résidez dans un rayon de 30 à 50 km maximum et seulement pour les objets les plus lourds comme le gros électroménager.

Pour les petits, à vous de vous déplacer au magasin, direction le service SAV.

Ce qui n’est pas écrit

L’usure ne fait pas partie de votre contrat ? Normal : l’extension de garantie ne couvre pas les pièces dites « d’usure ». Mais justement, comment la définir ? Le tambour de votre machine à laver est-il en panne parce qu’il est défectueux ou usé ? Votre télécommande de télévision est-elle trop usée ou l’avez-vous cassée ?

C’est notamment sur cette notion floue d’« usure » que le distributeur aime généralement jouer et refuse donc de prendre en charge les réparations, même pour les voitures.

À qui cela rapporte ?

Nous y voilà. Vous pensez être le seul gagnant dans l’histoire puisque votre ordinateur est garanti pour 5 ans. Détrompez-vous. Ce n’est pas uniquement pour le bien du consommateur que ces extensions existent, mais aussi, et surtout pour celui des vendeurs et des distributeurs.

Ne faisant plus énormément de marges sur la vente des produits, il faut bien qu’ils se rattrapent quelque part et c’est justement, entre autres, par la vente de ces extensions et autres assurances casse, vol…

Les employés des distributeurs touchent, eux, une commission allant de quelques centimes à plusieurs euros pour toute extension de garantie souscrite.

Ainsi, une célèbre chaîne spécialisée dans le high-tech donne même à ses vendeurs des objectifs précis : vendre 30 % d’extensions par mois pour toucher 10 % du montant de chaque extension vendue.

Alors, vous pensez bien qu’ils vont tout faire pour vous faire craquer quitte parfois à mentir sur ce qui est pris en charge par la garantie.

Nos conseils

Avant de signer, n’oubliez pas de vous renseigner sur les prix pratiqués par le service après-vente pour les réparations hors garantie. Comparez-les au prix de l’extension… vous pourriez avoir quelques surprises.

N’omettez pas que même pour les appareils les plus onéreux, l’extension de garantie n’est pas une assurance tous risques (même si le vendeur vous dit le contraire, rappelez-vous qu’il a tout intérêt à vous la faire souscrire puisqu’il touche une commission dessus.

Pensez également qu’en règle générale, plus vous payez un article cher, plus il est de qualité, donc moins il y a de chances qu’il tombe en panne.

Si vous voulez tout de même souscrire une extension, pensez à faire jouer la concurrence et à vous renseigner chez différents distributeurs. Pour le même produit, ce prix peut varier d’un magasin à l’autre.

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