L’immobilier à temps partagé ou timeshare

L’immobilier en temps partagé ou timeshare permet de bénéficier d’un appartement quelques semaines par an pour vos vacances. La formule est tentante, mais souvent trompeuse, car derrière cette pratique, c’est souvent une escroquerie qui se dissimule. Ce qu’il faut savoir pour éviter les déceptions.

illustration-vacances

Créé aux États-Unis où il connaît un véritable succès, en France et en Espagne, ce système a malheureusement fait la fortune de nombreux escrocs. Il est donc indispensable de bien en connaître les rouages et les dangers avant de se décider.

Multipropriété, timeshare, immobilier à temps partagé

Comment ça marche ?

Ces trois termes font référence à une formule qui permet de séjourner une ou deux semaines par an dans un appartement ou une maison meublés, en France ou à l’étranger.

Moins chère à l’achat qu’une propriété classique, cela peut être une solution pour s’assurer de partir tous les ans au soleil sans souci. Plus besoin de chercher une location et de réserver.

Mais attention : Vous n’êtes pas propriétaire du bien immobilier.

Le principe : vous achetez des parts sociales ou des actions d’une société qui est propriétaire de l’immeuble. En échange, cela vous permet d’occuper un logement — de deux à trois pièces en général — dans l’immeuble en question une à deux semaines par an, à une date fixée dans le contrat.

Vous partagez ce logement avec d’autres occupants qui se succèdent tout au long de l’année.

Comptez environ 10 000 à 12 000 euros d’investissement initial pour un trois-pièces, auxquels s’ajouteront des charges annuelles.

Les bourses d’échange : pour rendre la formule encore plus attrayante, les sociétés de timeshare proposent à leurs clients de bénéficier d’une bourse d’échange. Ainsi, si vous vous lassez de votre appartement ou si voulez découvrir d’autres contrées, vous pourrez l’échanger contre un logement équivalent dans une autre ville et même à l’étranger.

Soyez méfiant

Si vous êtes intéressé par cette formule, prenez soin de vous renseigner avant de prendre votre décision. Les acquéreurs sont souvent déçus une fois sur place et une fois le contrat signé, il est très difficile de revenir en arrière.

Des techniques de vente trompeuses

Tous les moyens sont bons pour attirer de nouveaux clients. Ne vous emballez pas. Les vendeurs démarchent souvent leurs futurs clients par le biais de jeux gratuits ou de tickets à gratter dont le lot est un séjour de vacances.

Le but du jeu est, en réalité, de vous faire acheter une semaine de vacances en temps partagé.

Les touristes ou les vacanciers sont aussi souvent démarchés sur leur lieu de vacances. Une fois sur place, la pression et les techniques de persuasion des commerciaux risquent de vous amener à signer un contrat dont vous n’avez pas mesuré les conséquences.

Les points à connaître avant de signer un contrat

  • Pour limiter les arnaques, la législation européenne a mis en place des règles de protection du consommateur en matière de timeshare. En France, cette protection est renforcée. Exigez de signer votre contrat en France ou au moins dans un pays de l’UE, car vous ne pourrez pas, la plupart du temps, invoquer le droit communautaire hors de l’Union européenne (Maroc, Tunisie, États-Unis…). Préférez les sociétés anciennes qui ont fait leurs preuves. Renseignez-vous sur le vendeur avant de vous engager.
  • Le contrat doit être rédigé en français et préciser l’objet de la vente, sa situation, la description du logement, les services associés au bien, le prix initial et les charges annuelles, ainsi que l’identité et l’adresse du professionnel. Demandez à l’emporter avec vous et lisez-le attentivement à votre domicile. Vous bénéficiez d’un délai de réflexion de sept jours avant d’accepter l’offre.
  • Ne réglez aucune somme à la signature du contrat. La loi française vous protège en vous accordant un délai de rétractation. Vous avez dix jours pour changer d’avis. Pendant ce délai, le vendeur ne peut vous demander aucun acompte et aucune somme d’argent, à quelque titre que ce soit. Il risque des sanctions pénales s’il accepte de l’argent.
  • Vérifiez la durée du contrat. Les contrats peuvent vous engager pour 3 ans, 30 ans et même 99 ans. Et pendant cette durée, vous devrez payer des charges annuelles même si vous n’occupez pas le logement. Vous ne disposez d’un délai de rétractation de dix jours que pour les contrats d’au moins 3 ans.
  • Pour profiter pleinement du système, sachez, enfin, que vous devez disposer de nombreux jours de congé et d’une souplesse dans le choix des dates pour pouvoir partir en dehors des périodes de pointe. En effet, les périodes les plus demandées sont les mois de juillet et août ainsi que les vacances scolaires. Vous ne trouverez donc pas d’appartements disponibles pour un échange pendant ces périodes.

Soyez averti des pièges ou arnaques du timeshare

La formule vous tente. Pourquoi pas ? Mais sachez qu’elle peut être source de déconvenues. Ce qui vous est présenté par le vendeur ne sera pas aussi idyllique dans la réalité. Quels sont les pièges à connaître ?

  • Vous ne pourrez pas échanger facilement. Au bout de quelques années, vous risquez de vous lasser d’aller au même endroit. C’est pourquoi les vendeurs vous présentent leur offre de bourse d’échange. Ils vous assurent que vous pourrez échanger votre semaine pour une autre destination en vous présentant des appartements au bout du monde dans des résidences de rêve. Dans la réalité, c’est très difficile. Il faut d’une part qu’il y ait de la place là où vous souhaitez séjourner et, en plus, que votre appartement intéresse un preneur durant la semaine que vous cédez. Enfin, ce service n’est pas gratuit et vous devrez payer des frais d’adhésion.
  • Les charges risquent d’augmenter. Si vous déboursez un prix initial peu élevé (environ 12 000 euros pour un trois-pièces au bord de la mer), le montant des charges annuelles peut rapidement accroître le coût global. Celles-ci sont plus importantes selon le type de logement (résidence de standing) et les équipements (piscine, jardins…). Et en plus, elles ont tendance à augmenter sans que vous en ayez été averti lors de la conclusion du contrat. Exigez donc, avant de signer, une évaluation des charges à venir. C’est une obligation imposée par la directive européenne.
  • N’espérez pas revendre votre période. Pour 12 000 euros, vous êtes prêt à tenter l’aventure et vous vous dites que vous pourrez revendre vos parts si l’appartement ne vous plaît plus. Or le marché est très restreint, voire inexistant. Il n’y a pas d’acheteurs pour une résidence partagée d’occasion. À ce prix, les gens préfèrent acheter du neuf. Résultat : si vous voulez mettre fin au contrat, la seule solution sera de renoncer à votre droit de séjour et de perdre votre investissement initial. Enfin, de nombreuses sociétés proposent des services de revente, moyennant des frais. Mais elles n’ont aucune obligation de résultat. Vous risquez donc de rester avec une semaine invendue sur les bras. Et si vous arrivez à la revendre, ce sera souvent avec une forte moins-value.

En mémoire de Spot