Les ampoules basse consommation

À l’heure du changement climatique, les ampoules basse consommation sont souvent montrées en exemple. Mais sont-elles vraiment si intéressantes que cela ? Peut-on parler de « lampe verte » ?

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L’ampoule basse consommation : des origines à nos jours

La naissance d’une lampe « froide »

Dominé par les traditionnelles ampoules à incandescence, le monde du luminaire subit une petite révolution à l’orée des années 1980. Un type nouveau de lampes apparaît alors sur le marché.

D’abord commercialisées par Philips, les lampes fluorescentes, plus connues sous la dénomination de lampes basse consommation (LBC), renferment un mélange de vapeur de mercure et d’argon.

Cette poche de gaz, soumise à une décharge électrique, se met alors à briller.

À l’inverse des ampoules à filaments qui nécessitent d’être portées à une température de 2 500 °C, utilisant donc une grande partie du flux électrique pour le convertir en chaleur, ce procédé limite les déperditions d’énergie.

Ces ampoules attirent de plus en plus de Français. En 2007, 68 % des foyers utilisaient ainsi au moins une lampe basse consommation.

La lampe fluorescente à l’orée du Grenelle de l’environnement

Au regard de leur plus grande efficacité énergétique, les lampes fluorescentes comptent aujourd’hui parmi les priorités gouvernementales pour lutter contre l’augmentation des gaz à effet de serre.

Chaque année, selon des chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, l’éclairage serait ainsi responsable du rejet de plus de 1 900 millions de tonnes de CO2.

Une urgence prise à bras le corps par le Grenelle de l’environnement.

En 2008, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), tout comme celle des magasins de bricolage, l’éco-organisme Récylum, EDF ou encore l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) ont cosigné avec l’État une convention dans le but de promouvoir l’utilisation des lampes à basse consommation.

Lampe basse consommation/ lampe incandescente : quelles différences ?

Un coût plus élevé, mais une durée de vie allongée

Malgré des prix qui ont beaucoup diminué, les lampes à basse consommation (LBC) demeurent à l’achat toujours plus onéreuses que leurs homologues à incandescence.

En moyenne, la différence de tarifs peut afficher un rapport de un à quatre, voire même huit pour certains modèles.

En revanche, cet investissement écologique initial s’amortit notamment sur le temps.

Le plus souvent, lorsque la lampe classique affiche 1 000 heures d’éclairage, la LBC peut en totaliser 8 000.

Selon le même ordre de grandeur, lorsque vous achetiez auparavant une quinzaine d’ampoules à filaments, vous n’avez désormais besoin que de deux LBC.

Le surcoût initial est donc déjà rentabilisé…

Une lampe moins énergivore

Qui dit lampe à basse consommation, dit aussi économies d’énergie. L’ampoule fluorescente enregistre en effet un coefficient de performance nettement meilleur qu’une ampoule ordinaire.

Lorsque la LBC enregistre une efficacité de 60 à 70 lumens par watt, la proportion n’est comprise qu’entre 14 et 25 lumens pour notre bonne vieille lampe incandescente…

Concrètement, il en résulte qu’une ampoule fluorescente d’une puissance de 15 watts aura les mêmes performances qu’une ampoule classique de 60 watts. En moyenne, une LBC peut ainsi revenir jusqu’à deux fois et demie moins chère qu’un modèle équivalent à incandescence.

Une ampoule non exempte de reproches

Selon une étude commandée en 2009 par la société Lucibel, fabricant d’ampoules à basse consommation, 60 % des sondés auraient souhaité un allumage plus rapide des ampoules fluorescentes.

C’est l’un des principaux reproches adressés aux LBC, lesquelles mettraient quelques dizaines de secondes avant d’atteindre leur intensité maximale.

Surtout, elles supporteraient particulièrement mal les allumages fréquents.

Par conséquent, leur utilisation est plutôt à déconseiller aux endroits de passage tels que les couloirs ou les cages d’escalier.

Tous ces défauts ont cependant été très nettement minimisés sur les nouveaux modèles.

Il n’en reste pas moins vrai que les lampes fluorescentes présentent encore souvent un rendu de couleurs jugé médiocre.

Elles ne s’adaptent pas non plus à tous les luminaires, y compris aux halogènes ou à ceux équipés d’un variateur.

Enjeu de développement durable

Un des objectifs fixés par la convention signée en 2008 vise notamment à améliorer la qualité et le développement des lampes basse consommation.

Par exemple, leur temps d’allumage s’est aujourd’hui extrêmement réduit et certaines ampoules atteignent désormais leur intensité d’éclairage maximale presque aussi rapidement que leurs homologues à incandescence.

Par ailleurs, l’ensemble des distributeurs signataires s’est engagé à organiser des actions promotionnelles régulières afin de réduire l’écart de prix entre les deux modes d’éclairage.

À terme, leurs linéaires de vente devront accroître l’espace consacré aux ampoules fluorescentes, lesquelles devront atteindre une part de marché égale à 35 % fin 2010.

Le retrait des ampoules à incandescence

C’est l’une des mesures fortes, fixée et confirmée par la convention. Conformément à la directive européenne EuP, l’ensemble des enseignes de distribution sont tenues de retirer progressivement de la vente les ampoules les plus énergivores.

Depuis le 30 juin 2009 : Retrait des ampoules domestiques de classe D, E, F ou G d’une puissance supérieure ou égale à 100W.

Au 31 décembre 2009 : Retrait des ampoules domestiques de classe E, F ou G d’une puissance supérieure ou égale à 75W.

Au 30 juin 2010 : Retrait des ampoules domestiques de classe E, F ou G d’une puissance supérieure ou égale à 60 W.

Au 31 août 2011 : Retrait des ampoules domestiques de classe E, F ou G d’une puissance supérieure ou égale à 40 W.

Au 31 décembre 2012 : Retrait des ampoules domestiques de classe E, F ou G d’une puissance supérieure ou égale à 25 W.

Des lampes si propres ?

La question du mercure

D’un point de vue environnemental, les LBC ne font cependant pas l’unanimité. En cause : la présence, dans leur tube, de vapeur de mercure, gaz hautement polluant et notamment cancérogène.

Sa présence en faible quantité, à raison de 0,005 %, ne serait cependant pas dangereuse pour la santé humaine.

Si vous cassez une LBC, aérez malgré tout la pièce et rassemblez les déchets dans un sac fermé que vous rapporterez à la déchetterie.

Cette présence de mercure impose par ailleurs un recyclage des ampoules concernées. C’est l’éco-organisme Récylum qui en a la charge.

Ne jetez donc jamais vos LBC et rapportez-les en magasin. Les distributeurs signataires de la convention se sont notamment engagés à développer des dispositifs de collecte visibles dans leurs points de vente.

Des effets nocifs pour la santé

Céphalées, fatigues visuelles ou même dérèglement du rythme cardiaque… Ce sont des maux qu’une exposition prolongée aux flux lumineux des LBC est susceptible d’entraîner.

Le rayonnement des ampoules fluorescentes peut en effet occasionner un effet stroboscopique dû au caractère alternatif du courant domestique.

En clair, le courant électrique alternatif provoque des fluctuations rapides, mais répétitives de l’intensité de l’éclairage.

Cet effet qui était amorti par le filament de l’ampoule à incandescence ne l’est malheureusement plus ici.

Plus grave encore, les LBC émettent des rayonnements radioélectriques. À moins de vingt centimètres de l’ampoule, ces derniers ont des valeurs comprises entre 1,8 et 180 volts par mètre alors que le Parlement européen recommande de ne pas dépasser 1 volt par mètre. Il est par conséquent vivement déconseillé d’utiliser ces ampoules pour des lampes de chevet ou de bureau.

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