Locations saisonnières : Ces mauvaises surprises qui gâchent les vacances

À la montagne, en bord de mer, en France comme à l’étranger, en gîte, en appartement ou en maison, les locations immobilières saisonnières fleurissent à l’arrivée des beaux jours, mais attention aux pièges. Cet article vous éclaire sur certaines pratiques douteuses.

La législation n’encadrant pas véritablement les locations saisonnières comme cela peut être le cas pour les locations dites de long terme, certains propriétaires peu scrupuleux profitent de cette faible réglementation pour tromper les locataires saisonniers.

Pour éviter de tomber dans certains pièges, quelques précautions s’imposent avant de signer un contrat de location saisonnière.

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Pour la réservation

Que le contrat vous soit envoyé par La Poste, par mail, ou encore remis en main propre, au moment de le signer, vous devez disposer du maximum de renseignements sur le logement, sa situation, son prix et cela par écrit, afin d’éviter tous risques de litiges.

Description des lieux

Les loueurs (professionnels, particuliers, agences) ont l’obligation de remettre à l’éventuel preneur un contrat de location accompagné d’un état descriptif des lieux (arrêté n° 25305 du 16 mai 1967, précisant la localisation géographique, le nombre de pièces et leur confort, les équipements, le prix).

Si ce descriptif n’est pas suffisant, vous pouvez le faire compléter en demandant par écrit tout type de renseignement : photo de l’intérieur du logement par pièce, inventaire complet du matériel de cuisine, proximité des commerces, moyens de transport…

Le contrat

Le contrat de location doit revêtir la forme écrite. Il doit indiquer :

  • La durée de la location, les dates auxquelles le locataire arrive, repart ainsi que les heures d’arrivée.
  • Le prix qui est librement fixé par le bailleur.
  • Les charges qui sont souvent comprises dans le prix de la location.
  • Le versement d’une avance qui représente 25 % de la location, en général.
  • Le paiement d’une commission qui peut être demandé si vous passez par une agence.
  • Le versement d’une taxe de séjour qui est demandée par des communes touristiques dont le montant est fixé par le maire (0,20 à 1,50 €) selon le confort du logement. Les enfants de moins de 13 ans sont exonérés de celle-ci.

L’annulation de la réservation

Il peut arriver qu’à la suite d’imprévus (maladie, accident…), vous soyez obligé de renoncer à vos vacances et d’annuler la location.

Dans ce cas de figure, si des d’arrhes ont été versées, chacune des parties (loueur et locataire) est libre de se désister, celui qui les a données (locataire) en les abandonnant, celui qui les a reçues (loueur) en restituant le double, en application de l’article 1590 du Code civil.

En revanche, dans le cas d’acompte, l’engagement rend définitif le contrat. Celui qui se désengage devra indemniser l’autre. Le locataire pourra être tenu de payer la totalité du prix de la location. Il en sera dispensé s’il a été contraint de résilier en cas de force majeure.

L’entrée dans les lieux

Exigez un état des lieux en prenant soin de noter l’état des équipements, le relevé des compteurs. Un inventaire préétabli des objets vous sera la plupart du temps remis ; vérifiez son exactitude.

Si les locaux ne sont pas conformes au descriptif, prévenez, par lettre recommandée, le loueur dans les 8 jours et faites faire un constat par une tierce personne.

Si le descriptif ne correspond pas à la réalité, le loueur peut être sanctionné pour publicité trompeuse ou tromperie.

Prenez soin de noter l’état des équipements et vérifiez l’exactitude de l’inventaire, faites un relevé des compteurs.

La fin de séjour

N’oubliez pas de faire un nouvel état des lieux (de sortie) en présence du loueur ou de son représentant.

Le type d’hébergement

Les meublés de tourisme

Les maisons, appartements ou chambres meublées, qui sont loués à la journée, à la semaine ou au mois, à l’occasion de vacances, peuvent être classés en catégories, selon des normes et une procédure arrêtée par l’autorité administrative (se référer au Code du tourisme).

L’hébergement en hôtellerie de plein air

L’hébergement situé dans un camping (habitations légères de loisirs) et les résidences mobiles de loisirs répond aux mêmes obligations qu’une location immobilière. Un contrat écrit doit être adressé au loueur précisant la description des lieux loués et les conditions de location.

Les litiges les plus fréquents

Annulation de la réservation par le loueur

Restitution du double des arrhes (article 1590 du Code civil), indemnisation pour préjudice moral ou financier pour des acomptes.

Absence d’un état descriptif

Contravention de 5e classe, à savoir possibilité d’une amende de 1 500 €.

Discordance entre la description et la réalité (sur tout support)

Peut être sanctionnée comme pratique commerciale trompeuse selon l’article L121-1 du Code de la consommation (jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 37 500 € d’amende).

Possession des lieux en retard

La location ne peut-être prolongée d’autant.

Départ anticipé

Aucun remboursement partiel n’est dû par le loueur.

Solde des comptes

Le loueur doit restituer la caution ou le dépôt de garantie, sauf si l’état des lieux détermine des réparations à effectuer. Dans ce cas, le dépôt de garantie pourra être restitué dans un délai de 3 mois au plus tard. Le locataire doit exiger les justificatifs des frais qui lui sont imputés.

Les recours possibles

Lors de location de logement, des litiges peuvent survenir, certains d’ordre pénal (publicité mensongère, renseignements inexacts…), d’autres d’ordre civil (résiliation, exécution du contrat, caution non remboursée…).

Les deux relèvent de la compétence du tribunal d’instance du lieu de la location.

Mais avant de se lancer dans une action judiciaire, n’hésitez pas à saisir une association locale de consommateurs ou à contacter la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) ou la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations) où est située la location.

Le syndicat d’initiative pourra également vous aider dans vos démarches si nécessaire.

Bon à savoir

Pour les dommages dont vous pourriez être responsable, vérifiez que vous disposez d’une extension « villégiature » à votre contrat de base multirisque habitation ou d’un contrat d’assurance spécifique.

Lettre type pour une réclamation auprès du loueur

Nom, prénom
Adresse
Code postal, ville

Nom et prénom du propriétaire
Adresse
Code postal, ville

Fait le (indiquez le jour), à (mentionnez le lieu)

Madame, Monsieur,

Vous m’avez donné en location pour la période du (précisez les dates) une maison située à (notez l’adresse). À mon arrivée sur les lieux, j’ai constaté qu’elle ne correspondait pas au descriptif que vous m’aviez donné (décrivez les points discordants avec la réalité).

Par conséquent, je vous prie de bien vouloir me rembourser une partie du prix de la location à titre de dommages et intérêts. J’évalue cette somme à (déterminez le montant demandé).

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de croire Madame, Monsieur, en l’assurance de toute ma considération.

Signature

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