Médecines douces et migraine

Certains migraineux sont rebutés par le traitement allopathique de la maladie migraineuse, le trouvant trop lourd. Pour ces derniers, l’homéopathie, l’acupuncture ou la relaxation sont de bonnes alternatives.

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L’homéopathie basée sur un principe énoncé dès le XVIIIe siècle, en 1796, par le physicien allemand Hahnemann : « Pour guérir radicalement certaines affections chroniques, on doit chercher des remèdes qui provoquent ordinairement dans l’organisme une maladie analogue et la plus analogue qui soit. » C’est ce que l’on a appelé le principe de similitude qui peut aussi s’énoncer de la façon suivante : « Les semblables sont guéris par les semblables », c’est-à-dire qu’en employant à doses infinitésimales des substances, on peut guérir les affections qui seraient provoquées par de fortes doses de ces substances. Un exemple typique est le venin de l’abeille (apis) qui employé à de très faibles doses soulage les douleurs pourtant intenses des piqûres de ces insectes.
L’homéopathie n’est pas seulement une médecine de l’organe, c’est aussi une médecine de l’organisme qui va également traiter le terrain sur lequel se produit une maladie, ce qui est tout à fait le cas en matière de migraine. L’homéopathie ne guérira jamais la migraine, mais elle l’améliorera et de surcroît permettra d’éviter l’automédication fréquente et importante qui n’est pas sans danger. Elle représente donc un intérêt particulier. Elle respecte en effet ce qu’Hippocrate souhaitait de tout traitement : « Primum non nocere » (Avant tout ne pas nuire).

Dans le traitement homéopathique des migraines, on trouve :

  • Dans les crises post-troubles visuels : Gelsemium en 5 ch
  • Dans les crises post-stress : Ignatia en 7 chD
  • Dans les crises digestives : Nux vomica en 7 ch
  • Dans les migraines matinales : Iris versicolor en 7 ch
  • Dans les crises de week-end : Sanguinaria en 7 ch
  • Dans les crises de surmenage : Natrum muriaticum en 9 ch
  • Dans les crises menstruelles : une association de Sepia, de Lachesis et d’Actea racemosa en 7 ch

Tous ces remèdes peuvent être pris en granules quotidiennes ou en doses hebdomadaires. Ils ne se veulent pas révolutionnaires, mais ils permettent d’utiliser moins de traitements allopathiques avec cependant de bons résultats sur l’amélioration de l’intensité de la migraine.

L’acupuncture est l’une des premières médecines douces sur le plan historique comme sur le plan médical. Le mode d’action de cette médecine née en Chine, il y a près de 3 000 ans, et dont on retrouve les premières traces écrites dans le Huangdi neijing, rédigé au cours du Ier millénaire avant Jésus-Christ, semble étonnamment soutenu par les travaux modernes de notre premier siècle du IIIe millénaire après Jésus-Christ. Il faut savoir que l’acupuncture n’est connue dans notre pays que depuis 1930, ramenée de Pékin par le consul de France d’alors, Soulié de Morant. Depuis, de nombreuses écoles se sont développées et la demande est de plus en plus considérable de malades souhaitant être traités de façon différente dans leur corps et pour leur maladie. Pour l’acupuncture en effet, un symptôme n’est que l’expression d’un dérèglement global de l’organisme. Ceci repose sur la notion d’énergie vitale, la vie procédant d’un potentiel de deux forces complémentaires et opposées, le « yin » et le « yang ».
C’est leur équilibre, en perpétuel remaniement, qui détermine le bon fonctionnement des organes du corps. Qu’il y ait défaut ou excès et ce sera l’apparition d’une maladie. Ces deux énergies circulent à travers le corps selon des tracés bien particuliers, retrouvés dans les anciens traités classiques de médecine chinoise, les méridiens qui sont les tracés principaux correspondant aux organes tels que le foie, le cœur, les intestins ou la rate complétés par un système d’axes ; ceci permettant à l’acupuncteur de déceler sur les points de ces tracés principaux ou secondaires s’il existe un excès ou une insuffisance de yin ou de yang. Son travail consiste alors à piquer à l’aide d’aiguilles les points d’acupuncture et de corriger ainsi le déséquilibre en stimulant l’énergie défaillante ou en éparpillant l’énergie en excès.

L’acupuncteur ne peut guérir la migraine, mais il peut faire passer une crise avec beaucoup de succès. Par ailleurs, elle n’est pas si empirique ni ésotérique, ni effet placebo qu’elle ne le paraissait en premier lieu (la recherche moderne a montré qu’elle bloquait la sécrétion de la substance provoquant la douleur appelée substance P et qu’elle augmentait la libération par le cerveau de ses propres morphines naturelles, les endorphines).
Et pourquoi se priver d’une médecine qui soigne tout de même, il ne faut pas l’oublier, plus d’un milliard d’hommes aujourd’hui ?

L’hypnose : employée depuis la fin du XIXe siècle, l’hypnose est un complément thérapeutique dans la gestion de nombreux troubles. Son utilité est désormais reconnue par le corps médical.
Certaines formes de la migraine semblent pouvoir être soulagées efficacement par cette technique.
Le mot hypnose qui vient du grec hupnos – signifiant sommeil – est pour la première fois utilisée en 1840 par le médecin écossais Braid : il est le premier à utiliser la technique de fixation visuelle d’un objet comme méthode d’induction hypnotique.

Charcot et Freud suivent ensuite ses traces, mais se heurtent à un scepticisme qui ne sera vraiment levé qu’avec les travaux du psychiatre Milton Erickson qui pose les bases de l’hypnose thérapeutique.

L’hypnose peut être réalisée par un médecin ou un psychologue. Le thérapeute induit un « état modifié de la conscience » (EMC), entre veille et sommeil, en demandant au patient de se focaliser sur un point particulier : une image mentale, une sensation, une histoire ou un conte (pour enfants), etc. Le patient se retrouve dans une sorte de « transe », un état aux portes de l’inconscient qui lui permet de retrouver facilement ses souvenirs et d’analyser ses sensations.

Le patient garde sa conscience, il ne dort pas. On ne peut pas non plus l’obliger à faire quelque chose contre sa volonté. Par contre, l’hypnose lui permet, guidé par son thérapeute, d’accéder à certaines ressources qu’il avait enfouies en lui pour gérer un problème particulier, comme la douleur migraineuse.

Les enfants migraineux sont particulièrement réceptifs et de nombreux essais ont comparé, par exemple, l’effet de cinq séances d’hypnose par rapport aux effets d’une thérapie comportementale. Selon une étude allemande, l’hypnose et l’autohypnose semblent plus efficaces non seulement en termes de fréquence et d’intensité des maux de tête, mais aussi en ce qui concerne la capacité des enfants à garder leurs maux de tête et leur bien-être sous contrôle.

La relaxation : destinée à faire baisser le stress que subit souvent le migraineux avant une crise, la relaxation est une méthode intéressante.

Il existe plusieurs méthodes de relaxation :

  • L’autorelaxation respiratoire : elle consiste à adopter la méthode de relaxation qu’utilisent les judokas en respirant par le ventre : inspirez par la bouche en gonflant le ventre et expirez par le nez, tout cela lentement
  • Le training autogène de Schultz : il consiste à ressentir son corps en le mettant au repos (allongé ou assis par exemple) et à imaginer le poids de chaque partie du corps, en commençant par les mains, les pieds puis les membres et en imaginant peser de plus en plus lourd
  • La sophrologie mélange les deux techniques précédentes
  • Enfin, le bio feed-back, surtout utile chez l’enfant, permet, grâce à un appareil témoin – et à des capteurs cutanés de la tension artérielle, du pouls ou de la sudation – qui montre le niveau de tension ou de détente existant, d’apprendre de façon objective le niveau subjectif obtenu de relaxation (le témoin peut être visuel ou sonore). Une fois la relaxation bien apprise, on peut se passer de l’appareil témoin.
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