La migraine chez l’enfant

Cela étonne parfois beaucoup de gens de penser qu’un enfant puisse souffrir de migraine, mais en fait il s’agit là plus d’une méconnaissance que d’une véritable ignorance.

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Chez l’enfant, le mal de tête migraineux est rare et ce sont souvent les troubles secondaires associés qui révèlent la maladie migraineuse. Il m’est ainsi souvent arrivé d’avoir à traiter pour migraine des petits enfants qui ne souffraient nullement de céphalées, mais par contre de soi-disant « crises de foie » et chez lesquels on avait retrouvé, un bon questionnaire de généraliste aidant, un antécédent maternel, voire paternel, de migraine qui avait permis le diagnostic.

La migraine de l’enfant n’est pas du cinéma.
Son diagnostic repose sur l’interrogatoire et son traitement est simple. Mais elle reste sous-diagnostiquée et sous-traitée chez l’enfant.

La migraine touche 5 % des enfants de moins de 5 ans (autant de garçons que de filles). Après la puberté, ce taux se modifie pour atteindre celui de l’adulte : trois jeunes filles pour un jeune homme.
La migraine peut commencer très précocement dans la vie, probablement avant l’âge de 1 an, où le diagnostic est presque impossible. Vers l’âge de 5-6 ans, quand l’enfant est capable de s’exprimer correctement, le diagnostic devient plus simple.
Là encore il s’établit par un simple interrogatoire.

Quand le signe principal est le mal de tête, son siège est en général difficile à localiser par l’enfant : diffus ou frontal. La douleur est parfois très forte donnant l’impression à l’enfant qu’il a comme un marteau ou comme un cœur qui bat dans sa tête. Elle entraîne une fois sur deux des pleurs. L’activité entraînant la céphalée, l’enfant cesse ses activités et s’isole dans une pièce sombre (à l’abri du bruit et de la lumière). Il peut avoir la tête qui tourne, être très pâle, avoir mal au ventre ou envie de vomir. Il peut aussi voir des images bizarres, des flashs, des étoiles, des taches brillantes ou colorées. Il peut aussi voir moins bien, flou ou tout déformé : ce sont les auras visuelles qui précèdent la migraine.

D’installation progressive, cette aura dure en moyenne dix à quinze minutes et la douleur apparaît quand l’aura disparaît. Les auras visuelles touchent les deux yeux et font souvent peur à l’enfant comme aux parents, notamment lorsque la vision se déforme en petit ou en grand (micro ou macropsie), sensation de déformation du corps que l’on voit plus long ou plus court – aussi appelée syndrome d’Alice en référence à Alice aux pays des merveilles, écrit par Lewis Caroll (qui était lui-même un grand migraineux), où Alice voit son corps « s’allonger ».

L’enfant peut aussi ressentir des sensations de fourmillements, des picotements souvent dans les bras, les mains ou les joues, ou dire qu’il entend des sifflements ou des tintements de cloches. Au début, ces troubles bizarres, qui correspondent à une aura sensitive, sont souvent considérés à tort par l’entourage comme un désir de se faire remarquer, de faire la comédie ou comme la preuve d’une imagination débordante.
Ils doivent pourtant faire évoquer la migraine.

Qu’est-ce qui peut déclencher une crise de migraine chez l’enfant : avoir trop chaud, faire du sport, avoir faim, se cogner la tête, être dans un endroit où la lumière est forte, sentir des odeurs fortes, voyager en voiture ou en bus, entendre trop de bruit, dormir trop ou pas assez, pleurer, crier, être contrarié, être stressé pour l’école ou sa famille, avoir des émotions fortes, avoir beaucoup de travail pour l’école ou se concentrer (par exemple, pendant un contrôle ou un jeu sur ordinateur).

Les aliments pouvant déclencher la migraine chez l’enfant sont les mêmes que chez l’adulte, mais l’enfant y réagit beaucoup plus vite. En voici quelques-uns : la pizza, les nitrates (saucisses et viandes fumées), le beurre d’arachide, le glutamate monosodique existant dans beaucoup d’aliments préparés de restauration rapide, les fromages vieillis, l’aspartame (édulcorant artificiel contenu dans certaines friandises et/ou boissons gazeuses réduites en calories).

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