Migraine et hérédité

La migraine est-elle héréditaire ?

Voilà une question à laquelle il est difficile de répondre, car si on suspecte depuis longtemps une prédisposition familiale à la migraine, la chasse aux gènes ressemble souvent pour les chercheurs à une véritable prise de tête.

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Des recherches menées sur des jumeaux ont depuis longtemps permis de suspecter une forte composante génétique de la migraine. Mais bien que les facteurs environnementaux soient très importants, la découverte de ces gènes pourrait permettre de mieux connaître cette maladie.

Pourtant l’identification des gènes n’est pas aussi facile que pour des maladies essentiellement génétiques. La composante génétique de la migraine commune est complexe, il s’agit d’une maladie touchant un très grand nombre de personnes et ne possédant pas de marqueurs biologiques spécifiques. Le diagnostic repose en effet essentiellement sur l’interrogatoire clinique.

Pour identifier les gènes coupables, les chercheurs se sont limités à une forme de migraine sévère familiale, la migraine hémiplégique familiale (MHF). Cette maladie se transmet sur un modèle dit mendélien classique : si un des deux parents est atteint, les enfants ont une chance sur deux de l’être également.

Les malades de la MHF sont victimes de douleur accompagnée d’une paralysie temporaire d’un côté du corps (hémiplégie), de troubles sensitifs voire d’autres troubles neurologiques (surdité, déséquilibre, troubles visuels, etc.).

Deux gènes ont été identifiés pour la MHF : dès 1993, une étude française identifiait une mutation située sur le chromosome 19. Le gène baptisé par la suite CACNA1A serait impliqué chez 50 % des familles atteintes par cette maladie et chez 100 % des personnes qui présentent une ataxie (mauvaise coordination des mouvements) associée aux autres signes. En 2003, dix ans plus tard, une équipe italienne identifiait la présence d’un autre gène anormal, le gène ATP1A2 situé sur le chromosome 1.

Mais aucune étude n’a permis jusqu’alors de confirmer ces résultats ni de vérifier si ces gènes sont présents chez des patients victimes d’autres formes de migraine moins sévères et dont la transmission héréditaire est moins évidente.

Malgré les récents progrès, la découverte de nouveaux gènes candidats ne permet pas de voir aujourd’hui aboutir ces recherches vers un traitement de la migraine. Elle semble au contraire retranscrire la complexité génétique de cette maladie.

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