Les traitements des crises de migraine

Les enquêtes effectuées en France montrent que 30 % des migraineux n’ont jamais consulté pour leur migraine, que 50 % ont arrêté de le faire et que 50 % font de l’automédication.

illustration-traitement-migraine

Ce qu’invoquent les malades pour cette façon de faire sont des choses telles que « La migraine ça ne se soigne pas », « J’ai tout essayé » (alors que la plupart n’ont testé qu’une ou deux molécules médicamenteuses), « Je peux me débrouiller tout seul ». Devant cette insuffisance de prise en charge de la migraine qui aboutit à des situations souvent dramatiques, toujours handicapantes, il a été établi par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) des recommandations pour la pratique du traitement de la migraine.

Trois types de médicaments sont actuellement recommandés pour la crise migraineuse les traitements non spécifiques, les antalgiques de niveau 2 (douleurs sévères) et les traitements spécifiques (basés surtout sur les triptans).

Traitements non spécifiques

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens : l’Ibuprofène, le Naproxène et le Kétoprofène
  • L’aspirine à dose suffisante (1 gramme) seule ou en association avec du métoclopramide (ce dernier appelé Primpéran® améliore l’absorption de l’aspirine et calme les troubles digestifs tels que les nausées)
  • Le paracétamol à dose suffisante (1 gramme)

On préférera pour ces deux molécules la forme soluble ou effervescente plus facilement assimilée.

Traitements antalgiques de niveau 2

Ce sont des traitements à utiliser avec précaution, mais qui peuvent se révéler très précieux pour « casser » une crise de migraine. Il faudra éviter de la renouveler trop souvent.

  • Le paracétamol codéiné : la codéine est un léger dérivé morphinique c’est pourquoi il faut être prudent, comme pour les produits suivants, dans son utilisation de manière à ne pas créer une dépendance. La forme la plus efficace est la forme effervescente associée ou non avec du métoclopramide
  • Le dextropropoxyphène associé le plus souvent à du paracétamol : il existe plusieurs variantes à cette molécule, qui existe en générique sous la forme de comprimés, de gélules ou de suppositoires. Là aussi le métoclopramide peut être utile et associé
  • Le paracétamol associé à un léger opiacé (Lamaline®) permet, que ce soit en gélule ou en suppositoire, un soulagement souvent rapide
  • Le tramadol est un dérivé morphinique puissant réservé aux migraineux très sévèrement atteints

Traitements spécifiques

Ils agissent en faisant effectuer à l’organisme une vasoconstriction des vaisseaux migraineux dilatés. Leurs précautions d’emploi sont à respecter strictement : doses modérées, espacées et non renouvelées quotidiennement.

  • Le tartrate d’ergotamine : tiré de l’ergot de seigle, il n’existe plus que sous une seule forme commercialisée (Gynergène caféiné®) en comprimés. Il peut provoquer ou aggraver les nausées. C’est pourquoi il est conseillé de le prendre en association avec un antivomitif (Primpéran®, Vogalène® ou Motilium®)
  • La dihydroergotamine : elle aussi dérivée de l’ergot de seigle, elle peut être utilisée par voie injectable ou par spray nasal (Diergospray®)
  • Enfin, les médicaments de dernière génération apparus il y a une dizaine d’années : les triptans. Ils sont efficaces sur la douleur de la tête, mais aussi sur les symptômes digestifs associés. Plusieurs spécialités existent : le sumatriptan, le zolmitriptan, l’almotriptan, le risatriptan.

Il est à noter que ces derniers médicaments sont à prendre avec précaution (contre-indiqués en cas de problèmes cardiaques ou d’hypertension artérielle) et sont assez onéreux.

Le principe du traitement de la crise de migraine est de se traiter le plus tôt possible dès l’apparition des premiers signes. Plus vite le traitement sera administré, plus vite la crise cédera et moins on prendra de médicaments. Le piège numéro un pour les migraineux est de se dire « Je vais voir si cela ne passe pas tout seul », alors que le traitement doit être administré dès le début de la céphalée (s’il s’agit d’une crise sans aura), dès les premiers signes de l’aura lors d’une crise avec aura – sauf avec les triptans où il faut attendre la fin de l’aura pour les prendre –, ou dès l’apparition des signes prémonitoires si ceux-ci sont nets et toujours annonciateurs d’une crise.

Quelques gestes simples peuvent parfois aussi enrayer ou atténuer le début d’une crise : compression de la tempe, application de froid (glace dans un gant ou patch frigorifique) sur le front et la tempe, arrêt de toute activité et repos en position allongée. Mais si cela ne suffit pas, il faudra prendre rapidement un médicament. Si ce traitement est efficace, il convient naturellement de le garder pour la prochaine crise. Si les céphalées persistent, il faut renouveler la prise du même traitement dans les deux heures qui suivent et si malheureusement malgré cette deuxième prise, les céphalées persistent, il est inutile de renouveler le traitement ce qui aboutirait à un risque d’intoxication. Mieux vaut appeler un médecin d’urgence à domicile.

Qu’est-ce qu’un bon traitement de crise ?

C’est un traitement qui, face à « l’épée de Damoclès » qui peut tomber sur le migraineux à n’importe quel moment (soirées, sorties, stress, travail, week-end, etc.), constitue un véritable bouclier correspondant à un traitement de crise efficace, rapide (moins d’une demi-heure), sans effet secondaire et portable à tout moment sur soi sans que l’on ait besoin de devoir demander l’aide d’un tiers. Cela est fondamental pour délivrer, grâce à un traitement qui a fait ses preuves, le migraineux de sa hantise perpétuelle de la prochaine crise. Car souffrir pour un migraineux ce n’est pas seulement avoir mal et être handicapé, c’est aussi redouter en permanence la survenue d’une nouvelle crise.

Publicités

En mémoire de Spot