Qu’est-ce qu’une phlébite ?

Être immobilisé pendant un long voyage en voiture ou en avion augmente les risques de phlébite. Quelles sont les précautions à prendre pour éviter cet accident de la circulation sanguine ?

180 000 phlébites se produisent chaque année en France. Elles provoquent 15 000 décès par embolies pulmonaires.

La phlébite survient quand un caillot de sang bloque partiellement ou totalement la circulation sanguine dans une veine de la jambe. Ce n’est pas tant la fragilité veineuse (varice) que la viscosité du sang qui provoque la formation de ce caillot sanguin.

Douleur, lourdeur et gonflement de la jambe doivent vous alerter et vous inciter à consulter. Attention, si le caillot migre vers les poumons, le risque d’embolie pulmonaire est important, mortel s’il n’est pas pris à temps, soit deux heures au plus après l’apparition des symptômes.

Jambes

Des risques de phlébite parfois augmentés

L’âge est un facteur de risque de phlébite, pour les hommes comme pour les femmes à partir de 60-65 ans. Et les accidents sont multipliés par trois au-delà de 75 ans. Chez les femmes, la grossesse, la prise de pilule au-delà de 40 ans, ou l’utilisation de traitements hormonaux substitutifs (THS) à la ménopause majorent ce risque. Même chose avec le tabagisme, car il augmente la viscosité sanguine. La phlébite peut aussi faire partie des complications liées à un cancer. Certaines familles sont plus touchées du fait d’une mutation génétique concernant la coagulation sanguine. Enfin, après une première phlébite, il existe un risque de récidive en cas d’immobilisation. C’est pourquoi la pratique de la marche, du vélo ou de la natation est toujours bénéfique.

Éviter l’immobilisation

Toutes les situations entraînant un ralentissement du retour veineux font que notre système de dissolution des caillots ne fonctionne plus. C’est le cas lors de l’alitement, d’une hospitalisation ou d’un repos allongé, du port d’une attelle ou d’un plâtre pour réduire une fracture, de la perte d’autonomie liée à l’âge. Une immobilisation de plus de trois jours doit être assortie, à titre préventif, de la prise d’un anticoagulant à faible dose.

Quant aux voyages aériens long-courriers, aux trajets en voiture ou en autocar de plus de six heures, ils nécessitent des précautions si on est âgé ou déjà fragile. Il est donc recommandé de faire toutes les deux heures et pour chaque jambe des mouvements de rotation avec chaque cheville et 20 à 30 flexions-extensions du pied pour mobiliser le mollet. De plus, en prévention avant un voyage, votre médecin vous prescrira des chaussettes ou des bas de contention de classe 2. Achetés en pharmacie sur ordonnance, ils sont remboursés à 60 % par l’Assurance-maladie.

Penser à boire pendant un voyage

L’avion cumule le manque d’oxygène, une baisse de pression et la déshydratation du fait de la climatisation. Il est donc important de profiter de chaque service des hôtesses pour se réhydrater. En autocar ou en voiture, on profitera des arrêts sur les aires d’autoroutes toutes les deux heures pour faire une pause boisson et marcher. Il est conseillé de boire 1,5 litre d’eau par jour, hors repas, y compris pendant un voyage. Cela empêche que le sang ne perde sa fluidité. Plus il est concentré, plus le risque de formation de caillot est élevé.

Bas ou chaussettes… à la carte

Les chaussettes et les bas de contention accélèrent le retour veineux. En cas de phlébite, la compression qu’ils exercent participe à la fixation du caillot sur la paroi veineuse, ce qui l’empêche de migrer et limite l’œdème et la douleur.

Les marques Radiante, Sigvaris, Gibaud, Thuasne déclinent ces produits en coton (façon chaussette de tennis) et en textile synthétique. Les modèles sans pied conviennent mieux lorsqu’il fait chaud. La texture des collants a été affinée et ils existent en de nombreux coloris.

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