Sur la route : Attention aux animaux sauvages

Les collisions avec des animaux sauvages provoquent, chaque année, près de 35 000 accidents de la route en France. Êtes-vous couvert par votre assurance dans une telle situation ?

Croiser la route d’un sanglier ou d’un cerf occasionne parfois d’importants dégâts matériels. C’est en lisière de forêt, au crépuscule et à l’aube, que se produisent la plupart des accidents. À l’automne, en période de chasse, ces animaux se déplacent davantage, d’où un risque accru de les voir surgir sur la route. Et l’on observe, au fil des ans, une augmentation du nombre des collisions (+ 54 % entre 2008 et 2009 par exemple). Les causes ? La faune se multiplie d’année en année. Les plans de chasse annuels, qui déterminent le nombre d’animaux pouvant être abattus, sont largement sous-évalués depuis trente ans.

panneau-animaux

Réunir un maximum de preuves

Si vous avez un accident avec un animal, la première démarche consiste à prévenir la gendarmerie puis à réunir toutes les preuves possibles (photos, traces de sang, poils…). Vous disposez de cinq jours ouvrés (samedi et dimanche exclus) pour déclarer l’accident à votre assureur, en y joignant le procès-verbal de gendarmerie.

Votre assureur va alors missionner un expert afin d’analyser le véhicule : son rapport devra prouver que le choc a bien été causé par un animal. Un professionnel saura déterminer rapidement la cause d’un impact,

Une franchise à votre charge

Le montant de l’indemnité dépend de votre contrat d’assurance. Si les dommages ne sont que matériels, deux situations sont possibles.

Soit vous avez souscrit une garantie tous risques et votre assureur interviendra en laissant une franchise à votre charge, en fonction de la catégorie du véhicule et de votre contrat.

Soit vous avez une assurance au tiers et les dommages au véhicule restent entièrement à votre charge en l’absence de tiers responsable identifié… ce qui est le cas d’un animal sauvage.

L’assureur n’applique aucun malus si la collision relève de la force majeure, notamment par son caractère imprévisible.

À noter : s’il n’y a pas eu de collision et que vous vous retrouvez dans le fossé en ayant tenté d’éviter un animal, vous ne serez indemnisé qu’à condition d’avoir souscrit une garantie tous risques.

Dommages corporels indemnisés

Les frais liés aux dommages corporels ne sont pris en charge par votre assurance que si vous avez souscrit une garantie du conducteur. À défaut, vous pourrez déposer, avec l’aide de votre assureur et dans un délai de trois ans, une demande auprès du Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), dans le cadre de la garantie défense et recours.

Même chose lorsque le conducteur n’est pas suffisamment protégé par son contrat d’assurance. Une telle demande auprès du Fonds de garantie n’est pas valable si le conducteur est jugé responsable de l’accident. Dans tous les cas, les passagers, eux, sont couverts au titre de la garantie de responsabilité civile.

Détecteur de faune

Depuis 2012, le conseil général de l’Isère expérimente des détecteurs de faune placés sur sept sites. Leur mission est de capter la présence d’animaux et d’envoyer en temps réel un signal à des panneaux lumineux placés le long des routes. Prévenus du danger, les automobilistes ont ainsi la possibilité d’adapter leur vitesse et d’éviter la collision. Cette expérience, menée dans le cadre du projet européen Couloirs de vie, pourrait être étendue en cas de résultats probants. En savoir plus sur le site Trame verte et bleue.

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