Tout ce qu’il faut savoir sur les rhumatismes

Derrière ce que l’on désigne dans le langage familier sous le terme de « rhumatismes » se cache l’arthrose, une usure progressive du cartilage, responsable de douleurs articulaires et d’une limitation des mouvements.

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Avec plus 6 millions de Français concernés, la pathologie fait l’objet d’un fructueux business. Comment la soulager efficacement ?

Souvent douloureuse et handicapante pour les personnes qui en sont atteintes, l’arthrose est due à une dégénérescence du cartilage et des articulations. Elle touche 1 personne sur 10 après 60 ans.

Le mécanisme du rhumatisme à l’œuvre

Une articulation est la jonction entre deux os. Les deux extrémités osseuses qui la composent sont recouvertes de cartilage.

Une capsule, dont la partie interne est recouverte d’une membrane appelée membrane synoviale, assure la stabilité de l’articulation. La membrane synoviale produit un liquide, le liquide synovial, qui nourrit le cartilage.

L’arthrose est due à un excès récurrent de pression sur le cartilage. Celui-ci commence par se gonfler d’eau, puis il se fragilise et perd en volume. Ensuite, il se met à produire à l’excès des enzymes de destruction, et se dégrade progressivement.

Les autres parties de l’articulation sont atteintes plus tardivement que le cartilage, mais peuvent également subir des lésions : la membrane synoviale produit un excès de liquide synovial, et l’os s’épaissit.

Les symptômes de l’arthrose

L’arthrose se manifeste par poussées douloureuses. Elle provoque des raideurs dans les zones touchées.

Le traitement repose alors sur des anti-inflammatoires. Le cartilage n’étant pas innervé, ce n’est pas lui qui est à l’origine des douleurs, mais l’os, la membrane synoviale, la capsule, les ligaments ou les tendons.

C’est la destruction du cartilage qui, en libérant des petits fragments dans l’articulation, entraîne une réaction de la membrane synoviale qui doit digérer les débris.

C’est donc au moment des poussées inflammatoires que l’arthrose est particulièrement douloureuse. En dehors de ces poussées douloureuses, l’articulation peut être soignée au moyen d’infiltrations de corticoïdes ou d’injection d’acide hyaluronique. Parfois, la mise en place d’une prothèse est nécessaire.

Toutes les arthroses ne sont pas douloureuses. Par exemple, l’arthrose de la colonne vertébrale, qui est la plus fréquente, est très souvent indolore.

Les causes de l’arthrose

L’arthrose peut avoir deux causes :

  • Une cause mécanique, lorsqu’elle est due à un excès de pression sur un cartilage normal.
  • Une cause structurale, lorsqu’elle est la résultante d’une pression normale sur un cartilage fragile.

L’arthrose mécanique est la plus fréquente. L’excès de pression sur l’articulation peut avoir différentes origines :

  • Une surcharge pondérale.
  • Une sollicitation trop importante, dans le cadre de l’activité professionnelle ou de la pratique d’un sport intense (à éviter à partir de 40 ans).
  • Des microtraumatismes.
  • Une mauvaise répartition des pressions au sein de l’articulation, en raison d’une anomalie anatomique ou d’une séquelle de traumatisme (entorse, luxation, fracture).

Les arthroses de la colonne vertébrale et des doigts sont les plus fréquentes, mais sont en général peu, voire pas du tout, douloureuses.

Celles du genou et de la hanche, bien que plus rares, peuvent être beaucoup plus invalidantes.

Au niveau du dos

L’arthrose de la colonne vertébrale, ou arthrose rachidienne est très fréquente à partir de la quarantaine. Cette maladie rhumatismale prédomine aux deux extrémités : au rachis cervical (cervicarthrose) et au rachis lombaire (lombarthrose). La rareté de l’arthrose dorsale vient du fait que le rachis est beaucoup moins mobile au niveau des douze vertèbres dorsales.

À la main

L’arthrose du poignet se développe surtout après un traumatisme. Elle se traduit par des dépôts calciques au niveau des cartilages des os du poignet. Celle du pouce, ou rhizarthrose, est particulièrement fréquente chez la femme et le plus souvent bilatérale. L’arthrose des autres doigts, ou arthrose digitale est courante chez les femmes après la ménopause. Les articulations touchées sont celles situées entre les phalanges. Des gonflements appelés nodosités de Bouchard et nodosités d’Heberden apparaissent souvent.

La gonarthrose

L’arthrose du genou, ou gonarthrose, est très répandue. Elle touche soit l’articulation entre le fémur et le tibia, soit celle entre le fémur et la rotule. L’obésité est un facteur de risque important dans la survenue de cette affection. Une anomalie de l’axe des membres inférieurs (genu varum et genu valgum, c’est-à-dire jambes arquées et jambes en X) est aussi souvent à l’origine d’une gonarthrose. Enfin, des séquelles d’entorse ou de luxation peuvent également favoriser son apparition. Elle se manifeste fréquemment par un gonflement du genou, dû à une production excessive de liquide synovial. Il faut alors ponctionner ce liquide.

La coxarthrose

C’est l’arthrose de la hanche. Elle est souvent due à une anomalie de l’extrémité supérieure du fémur ou de la cavité où cette dernière se loge. Elle provoque des douleurs dans l’aine ou sur le devant de la cuisse.

Que faire en prévention ?

Si vous souffrez d’un début d’arthrose, vous pourrez retarder l’évolution de la maladie par quelques bonnes habitudes.

  • Une activité physique régulière : le sport, pratiqué sans excès, maintient les articulations en bonne santé. La marche sur un sol souple (terre, sable…) pour éviter les chocs et la natation ou l’aquagym sont particulièrement recommandées.
  • Agissez sur les facteurs de risque de survenue ou d’aggravation d’arthrose sur lesquels il est possible d’agir : le surpoids, une activité physique trop intense…
  • Investissez dans de bonnes chaussures, sportives de préférence, avec des semelles et des talons qui amortissent les impacts.
  • Marchez à pas légers, comme les chats, afin d’éviter de soumettre vos genoux et vos hanches à des chocs brutaux.
  • Sachez refroidir et immobiliser vos articulations lorsque cela s’impose. Si, après un effort, une articulation vous fait mal ou enfle, appliquez-y un bloc réfrigérant ou une poche de gel froid vendue en pharmacie. Lorsqu’une articulation vous fait souffrir, immobilisez-la avec une orthèse (un appareillage disponible en pharmacie) afin de la mettre au repos. Si la douleur persiste au-delà de trois jours, consultez votre médecin.
  • Ménagez-vous. Sachez mettre vos pauvres cartilages au repos ! Pourquoi pas un peu de lecture ou une petite sieste pour couper l’après-midi jardinage ou bricolage ?
  • Des compléments alimentaires peuvent aider à prévenir la dégénérescence des cartilages (glucosamine, chondroïtine sulfate et SAM-e) ou diminuer la fabrication de substances liées à l’inflammation (les insaponifiables d’huiles d’avocat et de soja, les omégas 3 et 6 ainsi que le MSM). Demandez conseil à votre médecin.

Les traitements préconisés

Les traitements de l’arthrose reposent essentiellement sur l’utilisation de médicaments contre la douleur, sous forme d’antalgiques par voie orale ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), prescrits sur ordonnance pour réduire la douleur, l’inflammation et les raideurs.

Certains d’entre eux peuvent se présenter sous la forme de crème ou de gel à application locale sur les petites articulations (doigts, genoux…). Ils ont l’avantage de ne pas exposer aux effets digestifs indésirables des AINS par voie orale.

Dans les cas les plus sévères d’arthrose, le médecin prescrit des infiltrations : des médicaments sont injectés directement dans l’articulation douloureuse.

Une cure thermale ?

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