Tatouages : Attention danger

10 %, c’est le taux des Français ayant eu recours au tatouage, dont 25 % chez les moins de 30 ans.

Dans cet article, nous faisons le point sur cette pratique qui n’est pas sans danger pour la santé. Il convient donc d’être prudent avant de confier sa peau à un tatoueur qui se doit de respecter la législation en vigueur et de prendre toutes les précautions sanitaires avant d’exercer ce que certains n’hésitent pas à comparer à un art.

Raté ou plus rarement réussi et de bon goût, on conserve un tatouage toute sa vie, sans possibilité de retour en arrière. Tout au plus peut-on atténuer certaines couleurs, mais la dermabrasion laisse des cicatrices parfois extrêmement douloureuses.

Tatouage

Tout le monde peut se faire tatouer

Oui. À condition d’être majeur. Pour les mineurs, il faut une autorisation parentale. À défaut, le tatoueur peut être poursuivi pour « coups et blessures » (art. 222-7 à 222-16-3 du Code pénal). Par ailleurs, toutes les peaux ne sont pas aptes à recevoir un tatouage. Avant l’intervention, la peau doit être systématiquement inspectée et on doit rechercher les lésions dermatologiques qui pourraient contre-indiquer le tatouage.

L’opération nécessite un avis médical

Oui. C’est en effet plus prudent, car il existe des contre-indications : hémophilie (trouble de la coagulation), souffle au cœur (risque infectieux), allergies aux métaux contenus dans les encres (nickel, chrome, cobalt), maladies de peau susceptibles de s’aggraver (psoriasis, lichen), grossesse. Sans compter qu’un grain de beauté recouvert d’encre de tatouage ne peut plus être surveillé. Attention, les tatoueurs n’ont pas la moindre connaissance médicale. Ne comptez pas sur leur objectivité en la matière. Leur objectif est de vous facturer leur prestation. Consultez un dermatologue avant toute intervention d’un tatoueur.

Le tatouage est réglementé

Oui. Un décret fixe les conditions d’hygiène et de salubrité à respecter lors de la pratique du tatouage, au même titre que celles du piercing (décret n° 2008-149 du 19 février 2008, J.O. du 20). Cela concerne le port de gants, l’asepsie du matériel et du salon de tatouage entre chaque patient, le matériel à usage unique et les instruments de stérilisation.

Les tatoueurs sont diplômés

Non. N’importe qui peut s’improviser tatoueur (et c’est souvent le cas) en achetant le matériel et en ouvrant un local. D’ailleurs le prix d’un tatouage est libre. Il varie selon le motif, sa taille, le nombre de couleurs, mais également selon le prestige du tatoueur. Toutefois, les professionnels adhérents au Syndicat national des artistes tatoueurs (Snat) respectent une charte d’hygiène et des techniques d’asepsie et sont déclarés auprès des agences régionales de santé. Cependant, pour généraliser les bonnes pratiques en matière de tatouage, une formation reste encore à mettre sur pied, car tous les tatoueurs n’ont pas les mêmes standards d’hygiène et certains commettent encore des erreurs d’asepsie.

Les encres colorantes ont fait leurs preuves

Non. Les colorants et les encres utilisées ne sont pas référencés. On ne connaît ni leur composition ni leur provenance. Les encres peuvent contenir des dérivés d’hydrocarbure, du mercure, du plomb, sans que le tatoueur le sache ou fasse mine de ne pas savoir. On manque de traçabilité et de recul scientifique sur leur innocuité. Des normes Afnor et DIN (Institut allemand de normalisation) sont en cours d’élaboration pour les encadrer.

Un protocole sanitaire doit être respecté lors de l’intervention

Oui. Comme pour toute intervention médicale sur la peau, la zone à tatouer est rasée et désinfectée par un antiseptique. Elle est protégée par une couche de vaseline pour minimiser l’écoulement de sang et d’exsudat. L’appareil servant à tatouer, appelé dermographe, dépose le pigment dans la peau. Le surplus non absorbé et le sang sont épongés avec un coton et du désinfectant. Le dessin achevé, la zone est nettoyée et désinfectée, une couche de vaseline et un pansement isolent la plaie. La personne tatouée doit être conseillée sur la façon de nettoyer la peau jusqu’à la cicatrisation (eau claire et savon). Un tatouage complexe demande plusieurs semaines, voire plusieurs mois de travail. La peau doit avoir cicatrisé entre chaque séance jusqu’aux retouches finales.

Se faire tatouer est douloureux

Oui. La douleur varie selon les aiguilles utilisées et la zone du corps. L’intérieur du bras et la proximité de l’os sont particulièrement douloureux. Les tatoueurs n’utilisent jamais d’anesthésie, car ils n’en ont pas le droit. Le stress et la durée de l’opération (parfois plusieurs heures) avivent la douleur, sans qu’on puisse l’atténuer par un antalgique qui peut faire saigner.

Il faut prendre soin de son tatouage

Oui. Le client ne doit pas partir sans avoir été conseillé : garder la plaie propre en la lavant et en utilisant un antiseptique quotidiennement, jusqu’à cicatrisation complète. Il faut prendre soin de cette zone de peau en évitant tout traumatisme, frottement, contact avec l’eau salée ou chlorée — c’est-à-dire les bains de mer ou la piscine — et exposition solaire. Attention, le tatouage ne doit jamais être exposé au soleil sous peine de « baver » ou d’être délavé. Toute sa vie, il faudra lui appliquer de l’écran total, d’où l’intérêt d’un dessin petit et caché. Ce que choisissent majoritairement les femmes.

En de cas complications, il faut consulter

Oui. Les risques sont minimes lorsque le protocole est respecté et que le client a pris soin de son tatouage. La moindre irritation, mais aussi l’eczéma, une infection (instruments mal désinfectés qui transmettent des microbactéries atypiques) ou une allergie à une couleur (en particulier le rouge et le vert) doivent être surveillés par un dermatologue qui fera son diagnostic et prescrira une crème à la cortisone ou des antibiotiques.

Un tatouage peut s’effacer

Non. On le garde toute sa vie, sans possibilité de retour en arrière. Tout au plus peut-on atténuer les couleurs bleues et noires par traitement au laser, si elles sont superficielles. La dermabrasion du motif laisse une cicatrice, et la chirurgie n’est opérante que si le tatouage est petit. Raison de plus pour ne pas agir sur un coup de tête et ne pas se laisser entraîner. Bien réfléchir aussi à sa taille, à son emplacement, et à son motif.

En mémoire de Spot