Souvent pris en dérision ou encore considéré comme une source de conflit conjugal, le ronflement est néanmoins un problème de santé qui touche une personne sur six en France. Parfois, il est le symptôme d’une maladie, l’apnée du sommeil.

D’où vient le bruit du ronflement ?
Habituellement, la respiration rentre dans la bouche et se fraye un chemin entre la langue, le voile du palais et la luette, afin d’atteindre la trachée qui transporte l’oxygène jusqu’au sang. Mais chez le ronfleur, il y a un relâchement des éléments de la gorge qui ralentit la progression de l’air inspiré. Le ronflement vient de la conjugaison de deux facteurs. D’une part, les éléments de la gorge qui présentent un relâchement et, d’autre part, l’air inhalé par le dormeur. Les premiers entravent la bonne circulation de l’air, ce qui provoque une vibration. De là apparaît le fameux ronflement.
Tout ce qui encombre la bouche accroît donc les causes de ronflement :
- Un voile du palais trop long.
- Des amygdales trop grosses.
- Une mâchoire inférieure trop longue.
- Une langue trop épaisse.
Les sujets à forte corpulence et les congestions nasales représentent des conditions propices à l’arrivée du ronflement. Le son émis par le ronfleur est en général d’une force comprise entre 50 et 100 décibels. Les ronfleurs sont en majorité des hommes, mais chez la femme ménopausée le ronflement devient tout aussi fréquent.
Conséquences
Outre le problème de l’incommodité du bruit causé par les ronflements, il en existe un autre, invisible celui-ci : les conséquences sur le sommeil. Le sommeil se compose d’une phase dite profonde au cours de laquelle le dormeur se ressource. Chez le ronfleur ce cycle est interrompu, donc il ne bénéficie pas des effets réparateurs de sa nuit. Plus le ronflement est important, moins le sommeil est réparateur.
Solutions
En adoptant une bonne hygiène physique, le ronfleur accroît ses chances de voir les bruits cesser et les ronflements s’atténuer.
On prend des habitudes qui sans le savoir amplifient les ronflements. Les médecins conseillent :
- De dormir sur le dos.
- De perdre du poids.
- De manger léger le soir.
- D’éviter l’alcool et le tabac.
- De ne pas prendre de somnifères.
Ces modifications dans les habitudes quotidiennes peuvent contribuer à réduire les ronflements, mais elles peuvent se révéler insuffisantes. Il faut parfois agir directement sur les éléments qui encombrent la gorge.
Les traitements
Les traitements chirurgicaux
- La chirurgie traditionnelle : il s’agit de traiter un fort ronflement en pratiquant l’ablation de la luette ou de réduire le voile du palais. Cette chirurgie se pratique sous anesthésie générale.
- La chirurgie au laser : cette chirurgie consiste à pratiquer une réduction de la luette et du voile du palais. Le nombre de ces séances se calcule selon l’importance des ronflements.
- La radiofréquence : c’est une légère décharge électrique appliquée sur le voile du palais afin qu’il ne vibre plus.
Les autres traitements
Sur le marché du ronflement, les produits « miracles » fleurissent. Ces remèdes prennent différentes formes comme :
- Des sprays buccaux ou nasaux à utiliser avant le coucher.
- Des oreillers de positionnement qui facilitent le passage de l’air.
- Des bandelettes à positionner sur le nez qui sont censées élargir les parois nasales.
- Des languettes à faire fondre dans la bouche pour dégager les voies respiratoires.
Le recours à ces traitements reste à l’appréciation de chacun. Mais avant d’opter une quelconque thérapie, consultez votre médecin traitant ou votre pharmacien pour connaître le produit adapté à votre problème. Dans les cas extrêmes, le ronflement devient non plus seulement un inconfort ou une gêne, mais le syndrome d’une maladie appelée l’apnée du sommeil.
L’apnée du sommeil
Le ronflement souvent bénin pour la santé peut se révéler être le symptôme d’une véritable maladie qui touche 4 % de la population française : l’apnée du sommeil. Elle consiste en des arrêts respiratoires pendant le sommeil. Ils sont significatifs à partir de cinq secondes, et deviennent dangereux lorsqu’ils se répètent plus de cinq fois par nuit et durent plus de dix secondes. Il existe deux types d’apnée. Le syndrome d’apnée obstructive qui a pour cause directe un problème de passage de l’air. C’est le type d’apnée le plus répandu, il touche 95 % des malades. Le syndrome d’apnée centrale, moins fréquent (5 % des malades), est dû à un dysfonctionnement cérébral qui se traduit par le non-déclenchement des mouvements respiratoires.
La détection
Le symptôme le plus révélateur de ces apnées est le ronflement, généralement détecté par l’entourage du malade. Comme pour le ronflement bénin, il y a des facteurs aggravant les risques d’apnée du sommeil : les personnes en excès de poids, les hommes (95 % des malades), les sujets souffrants d’hypertension ou prédisposés à en souffrir.
Que se passe-t-il pendant une apnée du sommeil ?
L’air qui devrait circuler jusqu’au poumon est bloqué au niveau de la bouche. Le dormeur ne se réveille pas, mais son cycle de sommeil est perturbé. C’est le système nerveux du ronfleur qui, en stimulant les muscles de la gorge, permet à nouveau le passage de l’air. Cette contraction éveille le dormeur qui doit prendre une grande respiration.
Conséquences
Alors qu’elle se concrétise pendant les périodes de repos des individus, l’apnée du sommeil provoque des troubles et des dérangements qui peuvent déprécier la vie active. Somnolences excessives, maux de tête matinaux, manque de concentration, pertes de mémoire et parfois même dépressions sont le lot commun des victimes de l’apnée. De nombreux accidents du travail et de voiture trouveraient leur explication dans la présence d’apnées. L’apnée du sommeil peut entraîner, à long terme, des problèmes cardio-vasculaires graves, de l’hypertension artérielle, des risques d’infarctus accrus.
Quels remèdes ?
- Le dilatateur de narines : c’est un appareillage à insérer dans les narines qui permet d’augmenter le passage de l’air.
- Le PPC (pression positive continue) : c’est un masque respiratoire à mettre la nuit qui est relié à une source d’oxygène. L’air fait pression sur les voies respiratoires qui s’écartent pour permettre à nouveau la ventilation. Aujourd’hui, 100 000 patients utilisent la PPC.
- L’appareillage mandibulaire : il a pour but l’avancement de la mâchoire inférieure pour faciliter le passage de l’air.
Que faire pour traiter l’apnée ?
Votre médecin traitant vous renseignera sur la marche à suivre. Grâce à un questionnaire de synthèse, il pourra déjà faire un premier bilan de votre situation. Il vous dirigera vers un centre de pneumologie où un enregistrement nocturne de vos apnées sera effectué.
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