Le nombre d’intérimaires a doublé en 10 ans. Ce type d’emploi est toujours en croissance et pas uniquement dans le secteur automobile, longtemps employeur numéro 1 d’intérimaires. Le point sur ce statut.

Le principe de l’intérim
L’intérim ou travail temporaire est une relation de travail qui implique trois acteurs :
- L’intérimaire
- L’entreprise de travail temporaire
- La société qui recourt à l’intérimaire
Juridiquement, l’intérimaire est salarié de l’entreprise de travail temporaire, il signe avec l’entreprise qui a recours à ses services un contrat de mise à disposition. Il dispose des mêmes conditions de travail et avantages que les salariés permanents.
Les cas de recours à des intérimaires
Une entreprise ne peut faire appel à des intérimaires que pour des motifs expressément prévus par le Code du travail ou un accord collectif de branche professionnelle.
Remplacement d’un salarié
- En cas d’absence/suspension de son contrat de travail.
- En cas de départ définitif d’un salarié précédant la suppression de son poste de travail.
- En cas d’attente de l’entrée effective d’un salarié recruté en CDI, appelé à remplacer l’intérimaire.
Accroissement temporaire d’activité
- Tâche occasionnelle précisément définie et non durable ne relevant pas de l’activité normale de l’utilisateur (afflux de commandes, mise en place d’une organisation temporaire liée à l’introduction de nouvelles contraintes, etc.).
- Commande exceptionnelle à l’exportation nécessitant la mise en œuvre de moyens exorbitants, en raison du volume à traiter, du délai et des normes techniques à respecter, etc.
- Travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité (réparation de la toiture d’une usine…).
Emplois saisonniers et emplois temporaires par nature
- Un travail est défini comme saisonnier lorsqu’il est appelé à se répéter chaque année à peu près à date fixe, en fonction du rythme des saisons ou des modes de vie collectifs dans des entreprises dont l’activité obéit aux mêmes variations. Ces variations d’activité doivent être régulières, prévisibles, cycliques, et en tout état de cause indépendantes de la volonté des employeurs ou des salariés.
- Entrent dans cette catégorie les activités, arrêtées par décret ou accord collectif, où il est d’usage constant de ne pas recourir au CDI : déménagement, hôtellerie-restauration, enquête et sondage, centre de loisirs et de vacances, action culturelle, etc.
Recours à des candidats en difficulté sociale auxquels les agences dispensent une formation
1,8 million de personnes sont concernées par ce critère (seniors sans emploi depuis 3 mois, titulaires du RSA, handicapés, jeunes sans expérience et au chômage depuis 6 mois, personnes ayant travaillé moins de 210 heures en 6 mois). Avec ce nouveau critère de recours au travail temporaire (le profil des candidats), l’intérim connaît une révolution juridique, jusque-là seule la situation de l’entreprise utilisatrice était prise en compte.
Les restrictions au recours à l’intérim
Interdictions absolues
- En cas de conflit collectif : un contrat de travail temporaire ne peut être signé pour remplacer un salarié suspendu à la suite d’une grève.
- Pour les travaux dangereux : il ne peut être fait appel à des intérimaires pour effectuer des travaux particulièrement dangereux, dont la liste est établie par arrêté ministériel (travaux qui exposent les salariés à des matériaux ou des substances potentiellement toxiques ou dangereuses).
- Pour remplacer un médecin du travail.
Interdictions relatives
En cas d’accroissement temporaire de son activité, une entreprise ne peut pas recourir à un intérimaire pour pourvoir à un poste ayant fait l’objet d’un licenciement économique dans les 6 mois précédents. Toutefois, cette interdiction est levée, sous réserve d’information préalable du comité d’entreprise ou des délégués du personnel, quand :
- Le contrat n’excède pas 3 mois et n’est pas susceptible de renouvellement.
- Le contrat est lié à la survenance d’une commande exceptionnelle à l’exportation.
L’intérim en pratique
Souplesse et perspective d’évolution
Pour les personnes qui apprécient de renouveler leur cadre de travail ou qui hésitent sur la branche professionnelle dans laquelle elles veulent faire carrière, les missions d’intérim permettent de changer régulièrement d’emploi et d’environnement, de multiplier les expériences…
Pour les personnes peu ou pas qualifiées, l’intérim est un moyen d’entrer rapidement sur le marché du travail. Toutefois les missions proposées au début atteignent le plus souvent un degré de pénibilité certain (déménagement, manutention, mise en place de stands, travail à la chaîne, etc.).
Plus un intérimaire donne satisfaction aux entreprises qui recourent à lui, plus l’agence de travail temporaire qui le place est mise en valeur auprès des entreprises clientes.
Si les rapports entre l’intérimaire et l’agence sont cordiaux, l’intérim peut donc devenir un compromis gagnant/gagnant, où l’intérimaire performant et efficace est choyé par son agence, car il lui permet de fidéliser son portefeuille d’entreprises clientes et d’asseoir sa réputation. Dans le cadre de ce cercle vertueux, l’agence de travail temporaire peut ainsi permettre à l’intérimaire de suivre une formation qualifiante pour améliorer ses compétences, ce qui lui permettra de prétendre à des missions plus variées et mieux rémunérées. Il y a là de véritables perspectives d’évolution.
Le travail temporaire peut être un tremplin vers un CDI ou un CDD longue durée pour les intérimaires. Dans la pratique en effet, l’intérim est utilisé par les entreprises comme un outil de recrutement. Elles finissent par proposer une embauche ferme aux intérimaires dont elles sont satisfaites et qu’elles apprennent à connaître à l’occasion d’une mission longue ou d’une série de missions. Une fois qu’il a établi un lien de confiance avec l’agence d’intérim, l’intérimaire peut organiser de façon plus souple et flexible son planning, alterner comme il l’entend période de mission et période de repos. Par rapport aux 5 semaines de congés payés des salariés en CDI, la marge de manœuvre est plus importante. L’intérimaire peut se concocter un planning sur mesure.
Incertitude et indisponibilité
Le travail temporaire est inséparable d’une certaine incertitude. En cas de mauvaise saison, d’un contexte économique morose ou de consommation en repli, si les prévisions des entreprises sont mauvaises, les emplois intérimaires seront les premiers à ne pas être renouvelés.
Sachez que lorsque vous vous inscrivez dans plusieurs agences d’intérim à la fois, vous prenez le risque d’avoir un beau jour deux propositions de mission en même temps ou qui se chevauchent. Dès lors, il n’est pas sûr que l’agence à laquelle vous opposez un refus vous rappelle de sitôt, à moins d’avoir trouvé une excuse imparable…
La durée moyenne des missions d’intérim s’élevait à 10 jours en 2014, 43,6 % des missions durant entre 1 et 4 jours. Il faut donc faire preuve de disponibilité et d’endurance pour cumuler des missions et obtenir en fin de mois des revenus substantiels (les missions avec des primes sont souvent des missions plus pénibles).
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