Faire des études implique des frais importants (installation dans un appartement, scolarité coûteuse…) et de nouveaux besoins comme l’achat d’un ordinateur ou d’une voiture. Pour faire face à ces dépenses, les étudiants bénéficient de prêts bancaires à des taux intéressants.

Les bénéficiaires
Pour souscrire à un prêt étudiant, il faut avoir de 18 à 28 ans, être inscrit dans un établissement d’études supérieures et fournir des justificatifs prouvant la réalité et la durée des études poursuivies (attestation d’inscription, carte d’étudiant). Des dérogations d’âge sont possibles en cas d’études spécifiques (comme un Master of Business Administration par exemple). Réservés autrefois aux élèves des grandes écoles, les prêts étudiants se démocratisent et sont accessibles dans certaines banques aux apprentis (LCL, Crédit du Nord…).
Les conditions requises
Les frais de dossier
Ils sont souvent offerts (LCL, CIC, BNP Paribas…), notamment en période de rentrée. À défaut, l’établissement bancaire vous demandera entre 30 et 40 euros.
L’assurance décès-invalidité
Elle est facultative, même si les banques incitent l’étudiant à en prendre une. Si vous empruntez une somme supérieure à 21 500 euros, l’établissement peut rendre obligatoire l’assurance décès-invalidité.
La caution parentale
Elle est en principe obligatoire (Société Générale, CIC…). Le marché difficile de l’emploi et le montant des salaires versés aux jeunes diplômés incitent les banques à davantage de sécurité.
Les parents s’engagent à rembourser le prêt à la place de leur enfant s’il n’est pas en mesure de le faire. Ils doivent, à ce titre, fournir des justificatifs de solvabilité (comme les bulletins de salaire…). Si personne parmi votre entourage ne peut se porter caution, renseignez-vous auprès de votre établissement d’enseignement et de votre mutuelle, car certains d’entre eux peuvent se porter cautions ou vous mettre en contact avec des organismes qui pourront vous aider.
Le montant du prêt
Il va dépendre des besoins de l’étudiant, de la durée de ses études et de ses possibilités supposées de remboursement. Pour les étudiants de première année, le prêt accordé est généralement inférieur, en raison du fort taux d’abandon à ce niveau. Le plafond légal est de 21 500 euros, mais certains établissements font preuve de souplesse (jusqu’à 40 000 euros au CIC) avec les élèves des grandes écoles et les étudiants en troisième cycle. Sachez toutefois que le Code de la consommation ne garantit plus les droits de l’emprunteur au-delà de 21 500 euros.
Le mode d’utilisation du prêt
L’affectation des fonds est libre : les prêts étudiants peuvent ainsi couvrir des dépenses très variées (achat d’ordinateur, financement de frais de scolarité). L’emprunteur n’a pas de justificatif à fournir à la banque sur l’utilisation des sommes souscrites. L’étudiant doit examiner ses besoins réels, en évitant de les surévaluer.
Si l’étudiant emprunte une somme importante, il est conseillé de demander un déblocage de fonds au compte-goutte. Cette solution est moins coûteuse en intérêts et évite de dépenser trop vite.
La plupart des établissements bancaires offrent des possibilités de virements mensuels, trimestriels, semestriels ou annuels.
L’étudiant profite de la flexibilité de ce type de prêt et négocie le déblocage des fonds en fonction de ses besoins effectifs : il peut arrêter les virements durant ses jobs d’été et obtenir une rallonge d’argent en période de rentrée.
Le remboursement du prêt
Il ne doit pas dépasser 33 % du montant des revenus de l’emprunteur.
Le prêt étudiant permet de bénéficier d’un différé de remboursement, total ou partiel, de généralement cinq ans maximum.
Avec un différé partiel, l’emprunteur commence à payer, dès la mise à disposition de son prêt, les intérêts dus sur le capital emprunté et la cotisation d’assurance attachée au prêt.
Avec un différé total, il n’a rien à débourser pendant la durée du différé, à l’exception de la cotisation d’assurance. Il ne commencera à amortir son prêt, c’est-à-dire à rembourser le capital et à payer les intérêts, qu’à la fin de la période de différé.
Plus séduisante, cette seconde solution est aussi plus coûteuse : pendant la période de différé, les intérêts dus chaque année viennent s’ajouter au montant du capital emprunté et produisent à leur tour des intérêts.
Exemple : pour un prêt de 10 000 euros, au taux de 4,6 %, remboursable en cinq ans avec des frais de dossier de 30 euros, le coût total du prêt est de 3 453 euros avec un différé total de quatre ans et de 3 083 euros avec un différé partiel (soit 370 euros en moins).
La durée du remboursement est étroitement liée à celle du différé : plus la durée du différé est longue, plus celle du remboursement sera courte. Et inversement. Les banques limitent généralement la durée du prêt (période de différé + période de remboursement) à neuf ans. Si l’étudiant opte pour un différé de cinq ans, il devra rembourser son prêt en quatre ans.
Le choix de l’établissement bancaire
La plupart des banques proposent de financer études et projets avec un prêt étudiant.
Les taux d’intérêt sont inférieurs de deux à trois points à ceux des autres prêts personnels. Toutes les banques n’accordent pas cependant les mêmes conditions de prêts aux étudiants.
Si certaines banques comme le CIC ou le Crédit du Nord affichent des taux uniques pour tous leurs clients, d’autres les font fluctuer à la hausse en fonction de la durée de l’emprunt ou de l’existence ou non d’une franchise (chez LCL par exemple). Le taux fixe offre, en contrepartie d’un coût élevé, la garantie d’un prix constant sur toute la durée du prêt. L’étudiant qui emprunte connaît dès le départ le montant de ses mensualités et le coût total du crédit. Le taux variable comporte un risque réel dans une mauvaise conjoncture et n’est peut-être pas conseillé dans le cadre d’un prêt étudiant.
BNP Paribas, la Société Générale, HSBC, les Caisses d’épargne et les Banques populaires proposent des taux préférentiels (jusqu’à deux points en moins) aux élèves des grandes écoles ou aux étudiants de certaines facultés partenaires (médecine, troisième cycle…). L’affiliation à certaines mutuelles étudiantes (exemple Smeco pour la Société Générale) permet aussi d’obtenir un prêt avantageux.
Quand vous aurez signé le prêt, la banque vous ouvrira un compte sur lequel sera versée la somme empruntée. Ne pas accepter la création ou l’utilisation de ce compte peut être une raison pour la banque de vous refuser le crédit. En effet, n’oubliez pas que son objectif est de trouver de nouveaux clients et qu’il s’agit avant tout d’une démarche commerciale dont vous êtes la cible.
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