Le crédit à taux variable est souvent perçu comme dangereux, mais peut aussi être avantageux pour ceux qui acceptent de prendre des risques. Qu’en est-il véritablement ? Y a-t-il moyen de les éviter ?

Ce qu’est le crédit à taux variable (ou révisable)
Taux fixe et taux révisable quelle différence ?
Au moment de souscrire un prêt, deux solutions peuvent s’offrir à vous : le remboursement à taux fixe et le remboursement à taux variable. Le premier, présente l’avantage de la sécurité. Vous connaissez précisément à l’avance le montant de chacune de vos mensualités et la durée d’amortissement du crédit. Le second, en revanche, offre un avenir plus imprévisible : impossible de connaître à l’avance le montant que va vous coûter effectivement le crédit, le taux d’intérêt étant fluctuant. Ces taux d’intérêt sont fonction d’un indice de référence (le plus souvent, l’Euribor 3 mois ou l’Euribor 1 an) librement évolutif, auquel s’ajoute une base fixe.
Les attraits du taux révisable
Introduit et développé à la fin des années 80, le crédit à taux variable représente aujourd’hui environ un tiers des prêts souscrits et n’a cessé de se développer au cours des dix dernières années. Il présente un vrai attrait de départ non négligeable : sur les marchés financiers, à un instant T, les taux courts qui sont les indicateurs des taux révisables sont généralement sensiblement inférieurs aux taux longs (indicateurs des taux fixes). Par conséquent, les prêts à taux variables offrent souvent un taux d’intérêt initial nettement plus avantageux que les crédits à taux fixes, et c’est sans compter, là encore, sur les taux d’appel que les établissements bancaires peuvent vous proposer sur ce genre d’offres.
Les dangers du taux révisable
Certes, ces taux s’avèrent au premier abord nettement plus avantageux, mais ils présentent également une part d’incertitudes. À l’inverse du taux fixe où le taux d’intérêt applicable, fixé au moment de la souscription du crédit, demeure le même tout au long de la période d’amortissement, indépendamment de la conjoncture financière, les taux d’intérêt variables peuvent librement évoluer. Si cette évolution se fait dans le sens d’une hausse, ils peuvent d’ailleurs devenir plus onéreux que ceux auxquels vous auriez eu droit en souscrivant à un prêt à taux fixe et le crédit peut, au final, vous coûter beaucoup plus cher. Concrètement, vous paierez alors de plus ou moins fortes mensualités et/ou sur une période plus ou moins longue que celle initialement envisagée. Ces révisions peuvent cependant aussi bien se faire à la hausse, comme à la baisse.
Des prêts à taux révisables aménagés
Face aux risques encourus avec les prêts à taux variables, les établissements bancaires ont développé des formules « intermédiaires », des types de contrats spécifiques qui présentent divers aménagements.
Le prêt à taux révisable classique
Il s’agit du type de prêt le plus simple. Il suit les principes de fonctionnement illustrés ci-dessus, et ce sans aucune limite. À ce titre, il présente de nombreux risques pour son souscripteur, surtout si vous n’êtes pas un spécialiste de la finance. En contrepartie, vous bénéficiez sur le moment des meilleures conditions de taux du marché.
Le prêt à taux révisable capé
À l’image du précédent, le taux d’intérêt de cet emprunt est aussi fonction des fluctuations de l’indice de référence auquel il est indexé, mais cette variation est encadrée et limitée par un plafond. En clair, le taux de votre prêt reste donc variable, mais est assorti d’un seuil au-dessus duquel le taux d’intérêt, et donc le montant des mensualités, ne pourra pas grimper et/ou descendre, quelle que soit l’évolution de l’indice de référence.
Le prêt à taux révisable non capé et à échéances plafonnées
Le taux d’intérêt n’est ici aucunement encadré et peut donc évoluer librement. En revanche, les montants de vos mensualités sont garantis et/ou ne peuvent dépasser un certain plafond. La hausse de l’indice de référence est alors répercutée sur la durée d’amortissement du crédit qui peut être augmentée pour pouvoir y répondre. Cette prolongation de la durée de remboursement peut cependant, là encore, selon les contrats, être limitée.
Comment bien choisir son prêt ?
Un prêt à votre image
Chacun de ces prêts présente ses avantages et ses inconvénients, à vous de choisir celui qui vous convient le mieux. Si vous préférez privilégier avant tout la sécurité et la tranquillité, le crédit à taux fixe est le plus à même de répondre à vos exigences. Parallèlement, le crédit à taux variable peut tantôt être particulièrement avantageux, comme ce fut le cas au cours de ces dix dernières années, à condition d’accepter de prendre une part de risque.
Pour cela, les banques ont tout prévu, à commencer par le prêt capé qui permet de prendre des risques mesurés tout en bénéficiant d’un taux d’intérêt avantageux. Certains contrats peuvent aussi prévoir de vous garantir, quoi qu’il en soit, des mensualités sensiblement équivalentes, de quoi vous apporter une plus grande sécurité financière. Cependant, renseignez-vous de préférence sur l’indice de référence qui subordonne votre prêt avant de signer, pesez bien le pour et le contre et regardez si l’économie éventuellement réalisée vaut vraiment le coup d’un tel risque en comparaison à un taux fixe, en sachant que la conjoncture semble plutôt favorable. Cette part de risque est d’ailleurs complète pour le prêt à taux variable classique qui est donc plutôt à déconseiller, à moins de posséder une certaine expérience dans la finance.
Lisez votre contrat
Cela paraît être une évidence, mais c’est encore le meilleur moyen d’éviter de se faire piéger. À ce sujet, n’hésitez pas à demander à votre conseiller de vous préciser des passages qui seraient pour vous trop « obscurs ». Certains contrats prévoient ainsi la possibilité de substituer à tout moment le taux révisable par un taux fixe.
Même si vous restez au final perdant par rapport à l’hypothèse où vous auriez souscrit directement votre emprunt à un taux fixe, cette clause particulière vous apporte une sécurité supplémentaire qui n’est pas à négliger. Enfin, faites attention à l’ensemble des formulations qui ont leur importance. Ainsi, il y a quelques mois, les pratiques d’un établissement bancaire ont été reconnues comme trompeuses. En cause : la mention « le taux maximum servant au calcul des échéances est de x %. Ce taux est distinct du taux d’intérêt ». En clair, ce n’est donc pas le taux d’intérêt qui est ici plafonné à ce pourcentage, mais l’indice de référence qui conditionne le crédit. Faites aussi attention aux taux d’appel qui sont souvent proposés avec ce genre de prêt et qui cachent en fait, à la première révision, un réajustement et donc une forte augmentation.
Comment renégocier votre contrat ?
Si vous vous rendez compte que vous avez fait une erreur en contractant un prêt à taux variable, il est toujours temps de le renégocier pour un taux fixe. Vérifiez d’abord si votre contrat prévoit la possibilité de basculer vers un taux fixe. À défaut, vous pouvez toujours tenter une renégociation de votre emprunt au cours du marché avec votre banquier. Cependant, celui-ci n’est pas forcé d’accepter. Enfin, une dernière solution peut se présenter à vous : entamer une procédure de rachat de crédit en contractant un nouveau prêt. Dans tous les cas, ces diverses procédures ne seront pas, malgré tout, sans occasionner des frais supplémentaires.