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Se faire opérer des yeux

À côté des lunettes et des lentilles, l’ophtalmologie développe des méthodes innovantes pour corriger les anomalies visuelles. On peut désormais soigner myopie, hypermétropie et astigmatisme grâce aux techniques de la chirurgie dite réfractive.

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Les anomalies de l’œil

  • Les quatre principales anomalies optiques connues sont :
  • La myopie (mauvaise vision de loin), qui frappe 15 à 20 % de la population française.
  • L’hypermétropie (mauvaise vision de près), dont la fréquence augmente avec l’âge.
  • L’astigmatisme (défaut de la cornée).
  • La presbytie (difficulté à faire le point de près comme de loin) qui apparaît après 40 ans.

L’importance de chacune de ces anomalies optiques est exprimée en nombre de dioptries (D).

Mises à part les lunettes et les lentilles de contact, l’ophtalmologie moderne a mis au point des techniques microchirurgicales pour corriger ces quatre anomalies. Ces techniques forment la chirurgie réfractive. Elle a pour but de restituer aux patients une vision suffisante pour accomplir confortablement les tâches de la vie courante sans plus avoir besoin de lunettes ou de lentilles de contact. Ce résultat est obtenu chez 95 à 99 % des opérés. Toutefois le traitement de la presbytie n’est pas encore aussi efficace que pour les autres anomalies.

La correction par la chirurgie consiste à modifier la puissance optique de l’œil qu’on appelle la réfraction, en ciblant les anomalies de courbure de la cornée. Grâce à l’intervention chirurgicale, l’image sera mieux focalisée sur la rétine.

La chirurgie réfractive comprend deux types d’opérations. D’une part, la chirurgie qui permet de modifier la cornée des patients en utilisant des instruments laser : c’est la chirurgie au laser. D’autre part, la chirurgie qui procède par implantation de prothèse à l’intérieur de l’œil : c’est la chirurgie intraoculaire.

La chirurgie au laser

Il faut être âgé de plus de 21 ans et avoir une vision stabilisée depuis 2 ans pour pouvoir subir une intervention utilisant la chirurgie au laser.

Bon à savoir : La chirurgie au laser peut efficacement corriger des anomalies visuelles d’une intensité faible ou moyenne :

  • La myopie comprise entre -1 et -8 dioptries (D).
  • L’hypermétropie et l’astigmatisme compris entre +1 et+3 D, parfois entre +3 et +5D.

La chirurgie intraoculaire est destinée à traiter les très fortes myopies et hypermétropies, sous réserve qu’une intervention correctrice soit faisable.
Avant toute décision d’intervention, un examen préopératoire complet est obligatoire, pour s’assurer qu’il n’existe aucune contre-indication (maladies inflammatoires chroniques, déformation évolutive de la cornée, glaucome, etc.) et pour choisir la technique la plus appropriée.

Le Lasik
La technique en cinq points :

  1. Le chirurgien procède à une anesthésie locale en plaçant quelques gouttes de collyre à la surface de l’œil, afin d’insensibiliser la cornée (aucune piqûre).
  2. Il place un dispositif qui immobilise l’œil, un anneau de succion.
  3. Le chirurgien procède au découpage d’une très fine lamelle de la cornée, d’une épaisseur microscopique, à l’aide d’un petit rabot à usage unique (le microkératome). Ce volet de cornée est découpé et non pas tranché. Il est rabattu sur le côté de l’œil tout en restant solidaire du reste de la cornée grâce à une charnière.
  4. Le chirurgien demande au patient de fixer un point lumineux et il traite alors la partie profonde de la cornée avec le laser. Le laser creuse et sculpte la cornée pour gommer ses défauts. L’action du laser sur l’œil est réglée en fonction des données recueillies lors des consultations précédant l’opération. Ces données sont entrées par, le praticien dans l’ordinateur qui pilote le laser.
  5. Il remet à sa place initiale le volet de cornée découpé, qui cicatrisera sans mise en place de points de suture.
    Appliquée à l’œil humain depuis 1993, c’est aujourd’hui la technique au laser la plus largement utilisée par les praticiens. La récupération visuelle des patients ne dure souvent pas plus de 24 heures, et cela avec peu de douleur postopératoire.

Le laser Femtoseconde
C’est une variante récente du Lasik, apparue aux États-Unis voilà une dizaine d’années. L’innovation réside dans la découpe du volet cornéen. Celle-ci n’est plus réalisée avec un petit rabot mécanique, mais à l’aide d’un laser entièrement guidé par informatique : le laser femtoseconde ou intralaser.

La PKR (PhotoKératectomie Réfractive)

  • Le chirurgien procède à une anesthésie locale en plaçant quelques gouttes de collyre à la surface de l’œil, afin d’insensibiliser la cornée.
  • Il place un dispositif pour maintenir écartées les paupières du patient.
  • Il enlève la fine couche très superficielle de la cornée, l’épithélium, en la grattant avec une brosse ou une spatule chirurgicale.
  • Le chirurgien demande au patient de fixer un point lumineux et le traitement de la cornée au laser commence (5 à 20 secondes). Le laser agit comme une gomme sur la surface de la cornée.
  • L’action du laser terminée, il retire l’écarteur de paupière.

La PKR peut entraîner des douleurs importantes pendant les 2 ou 3 jours suivants l’opération. La vision peut rester floue pendant quelque temps, avec la sensation d’avoir un voile sur les yeux. Cela peut durer le temps que l’épithélium qui a été enlevé repousse, et fasse diminuer la vision non corrigée pendant un certain temps.

Précautions postopératoires

  • Utiliser des collyres antibiotiques et anti-inflammatoires, des larmes artificielles, et ne pas oublier de les appliquer.
  • Ne pas se frotter les yeux ni de les exposer au soleil.
  • Protéger ses yeux pendant son sommeil avec une coque.
  • Éviter les baignades en piscine/mer et toute activité (sports) risquant d’infecter ou traumatiser l’œil.

Le prix
Le coût d’une opération au laser est de 1 500 à 2 000 € par œil. Le devis de l’intervention comprend les honoraires du chirurgien, le suivi postopératoire, l’amortissement des équipements, le prix des instruments à usage unique, les ajustements possibles. Une opération avec un laser femtoseconde est plus chère, son prix variant de 3 000 à 4 000 € pour les deux yeux.

Ces interventions ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. Le patient n’est donc pas remboursé des frais médicaux entraînés par le traitement et il ne peut pas demander d’arrêt de travail lié à l’opération. Si vous avez une mutuelle, renseignez-vous auprès d’elle pour savoir si elle rembourse une partie de l’opération après acceptation du devis.

La chirurgie avec implant

Réservé à la correction des myopies et hypermétropies fortes, ce type d’opération consiste à glisser une lentille dans l’œil à l’avant du cristallin, par une ouverture de quelques millimètres. L’implant ainsi posé est invisible. Pendant l’opération, le cristallin peut être retiré et remplacé, lorsqu’il est diagnostiqué comme opaque. L’opération s’apparente alors à celle de la cataracte.
L’implant est une lentille artificielle dure (en plexiglas) ou souple (en silicone, acrylique, hydrogel), fabriquée à l’unité d’après les mesures informatiques de la courbure exacte de la cornée et de la longueur de l’œil de chaque patient.

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