Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie qui le priverait partiellement ou totalement de son autonomie et de sa capacité à profiter du restant de ses jours en pleine possession de ses moyens. À mesure que l’on vieillit, le risque de la dépendance s’accroît irréversiblement. Afin d’en anticiper efficacement les conséquences matérielles et financières, il peut être intéressant de souscrire un contrat d’assurance dépendance.

Qu’est-ce que l’assurance dépendance ?
Peu de gens connaissent l’existence de l’assurance dépendance, alors rappelons-en l’objectif.
Elle garantit à la personne qui y souscrit le versement mensuel d’une certaine somme lorsqu’il s’avère, après constat, qu’elle est médicalement dépendante. Cette somme est alors destinée à payer une aide à domicile de manière permanente ou les frais nécessaires au placement dans une résidence spécialisée.
Attention, les assureurs imposent généralement un âge limite au-delà duquel une personne se voit refuser la possibilité de souscrire à une assurance dépendance. La majorité des compagnies d’assurances fixent cette limite d’âge entre 74 et 77 ans.
En plus de l’âge de la personne qui y souscrit, le coût de l’assurance varie en fonction de la somme que l’on souhaite garantir.
Ce contrat peut aussi se combiner avec une assurance vie (assurance mixte), mais dans ces conditions, il s’adressera plutôt à des personnes ayant la possibilité d’épargner une somme d’argent conséquente.
Notez aussi que dans le cas où la personne qui souscrit à l’assurance dépendance ne devient pas dépendante, la somme qu’elle a versée sera considérée comme perdue et ne pourra donc pas être récupérée.
Pourquoi souscrire à cette assurance ?
Les retraités sont exposés à de nombreux risques sans qu’ils aient toujours les moyens d’y faire face de manière adéquate.
Par exemple, alors qu’un couple à la retraite aimerait profiter de l’épargne accumulée grâce aux efforts consentis pendant toute une vie de travail, il doit parfois faire face à des dépenses imprévues, notamment si l’un des deux subit une perte d’autonomie.
Or, ces dépenses peuvent dans certains cas s’élever jusqu’à près de 3 500 euros par mois, selon le lieu où vit la personne et ses besoins. Vous l’aurez donc compris, impossible de financer tout cela avec son seul revenu de retraité.
Certes, la loi a bien instauré une allocation personnalisée d’autonomie (APA) qui peut être versée en fonction de l’âge de la personne (qui doit être de plus de 60 ans), de l’importance de sa dépendance (évaluée sur la grille nationale à six groupes AGGIR) et de ses revenus. Mais cette allocation ne permet pas toujours de couvrir l’ensemble des frais, notamment au cas où la dépendance nécessite l’intervention permanente d’une aide à domicile.
C’est ainsi que, la plupart du temps, les proches parents de la personne dépendante doivent puiser dans leurs propres économies pour trouver les sommes nécessaires au financement des dépenses engendrées par la prise en charge de la dépendance.
Comment est définie la dépendance ?
Les compagnies d’assurances ne sont pas obligées d’utiliser la grille nationale AGGIR pour évaluer votre niveau de dépendance. Les assureurs peuvent évaluer la dépendance sur des critères tels que votre capacité à effectuer un certain nombre d’actes ou d’activités de la vie quotidienne : se laver, se déplacer chez soi, s’habiller et se déshabiller, se servir et manger, se lever, s’asseoir et se coucher, utiliser les transports, gérer seul son budget, téléphoner, etc.
D’autres couvrent exclusivement des personnes obligées de vivre dans des établissements spécialisés adaptés à leurs maladies ou assistées de manière permanente. D’autres encore combinent toutes les conditions précédemment citées, ce qui va rendre plus difficile la souscription à l’assurance dépendance.
Qui peut adhérer à l’assurance dépendance ?
Tout le monde ne peut pas adhérer à l’assurance dépendance, certains critères peuvent jouer en votre défaveur. L’âge, tout d’abord (voir plus haut). Plus vous vous rapprochez de votre quatre-vingtième anniversaire et moins vous aurez la possibilité de souscrire à cette assurance. D’ailleurs, les conditions ne changent pas si vous optez pour une assurance mixte.
Ensuite, votre santé sera également un facteur pris en compte dans la décision de vous autoriser à souscrire à l’assurance dépendance. En fonction d’une déclaration de santé que vous aurez à effectuer et qui indiquera le risque de dépendance, l’assureur aura le pouvoir de décider si, oui ou non, il vous couvrira.
Dans certains cas, il pourra aussi accepter de vous assurer malgré le risque de dépendance élevé, mais augmentera certainement le montant de la prime à payer.
Les types de contrats possibles
Deux types de contrats peuvent être souscrits : celui qui garantit la dépendance totale et celui qui garantit la dépendance totale ainsi que la dépendance partielle.
Ces deux contrats n’ont pas le même coût, mais sachez que le risque de se retrouver en état de dépendance partielle est plus grand que celui de se retrouver en état de dépendance totale.
De plus, la dépendance partielle dure généralement plus longtemps que la dépendance totale.
Et, en terme de chiffres, l’évolution des tarifs de l’assurance dépendance totale n’est pas encadrée. Alors, même s’il est tentant d’aller vers le moins cher, il vous est plus que conseillé de payer un peu plus pour être sûr de disposer de la garantie la plus adéquate.
En revanche, les prestations fournies en cas de souscription à la garantie contre la dépendance partielle varient selon les assureurs. Certains verseront un capital, généralement peu élevé, et d’autres attribueront la moitié de la somme prévue en cas de dépendance totale.
Les points à vérifier
- Vérifiez quel est le délai d’attente fixé dans le contrat d’assurance dépendance. Prévu par l’assureur, ce délai est le laps de temps qui démarre le jour de la signature du contrat et pendant lequel l’assuré ne peut être garanti contre la dépendance si jamais elle survient. Il dure un ou trois ans selon les compagnies d’assurances et le type de pathologie dont l’assuré est atteint.
- Vérifiez si le contrat prévoit un délai de franchise. Certains assureurs prévoient en effet un laps de temps pendant lequel aucune somme n’est versée à l’assuré une fois la dépendance constatée. Il est généralement d’une durée de trois mois.
- Vérifiez que les conditions nécessaires pour l’obtention d’une indemnisation grâce à l’assurance dépendance ne sont pas trop strictes et trop nombreuses, auquel cas vous risqueriez de ne pas pouvoir en bénéficier, ou alors très peu et seulement au soir de votre vie.
Quelques conseils
Voici quelques petits conseils complémentaires qui peuvent vous être utiles :
- Avant d’apposer votre signature sur un document, rendez-vous une première fois chez votre assureur afin de lui demander un devis. Cela vous permettra d’avoir un aperçu de ce que va vous coûter l’assurance dépendance et donc d’éviter les surprises.
- Plus la souscription d’un contrat d’assurance dépendance intervient tôt, plus le contrat est intéressant. Passé un certain âge, vous ne pourrez plus en bénéficier et vous paierez une cotisation moins importante. Médicalement parlant, vous aurez aussi certainement moins de raisons d’être dépendant ou de le devenir, ce qui jouera bien sûr en votre faveur au niveau des tarifs. En outre, mieux vaut avoir à laisser passer le délai d’attente quand on est encore en bonne santé.
- Pour éviter à votre famille beaucoup de frais en cas de décès, vous avez la possibilité de souscrire à une option capital décès. Celle-ci prévoit la remise d’une somme d’argent à vos proches pour couvrir vos frais d’obsèques.