La dépression, une maladie ?

Une femme sur cinq et un homme sur dix seraient en dépression. Enjeu crucial de santé publique, la maladie représente un calvaire pour des milliers de dépressifs et pour leurs proches. Un calvaire pas toujours très bien perçu de l’extérieur.

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Ce qu’est la dépression

Présentation
Maladie psychologique la plus répandue, la dépression frapperait près de 20 % des individus, à un moment donné ou à un autre de leur vie, sans aucune distinction d’âge. Le nombre d’enfants et d’adolescents dépressifs ne cesserait d’ailleurs de progresser… Lassitude et pessimisme, dépréciation de soi sont les principales caractéristiques de la dépression, maladie souvent mal comprise. Elle se manifeste scientifiquement par des changements biologiques au niveau de trois neurotransmetteurs principaux que sont la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine qui, libérées en quantités insuffisantes, expliquent le manque de vitalité important, d’intérêt sur ce qui entoure le dépressif, l’émergence de pensées négatives obsédantes.

La dépression n’est pas une déprime

Les deux termes sont très injustement assimilés. Tandis que la dépression est une profonde pathologie, la déprime entraîne une baisse de moral passagère qui peut affecter tout individu, suite par exemple à certains événements difficiles. Après tout, qui n’a jamais eu envie de tout laisser tomber avant finalement de se ressaisir ?

Repérer une dépression

La dépression n’est pas toujours facilement repérable. Ses effets peuvent parfois se manifester de façon différente selon les individus, leur caractère ou leur âge : perte ou gain de poids, ralentissement moral et physique ou, au contraire, agitation chez d’autres…

Cependant, certains symptômes ne trompent pas. Reviennent ainsi régulièrement l’émergence de pensées morbides, voire suicidaires, un véritable sentiment d’inutilité et de culpabilité, ou encore un isolement progressif, mais certain, l’envie d’être « tranquille » ou de « ne plus rien faire ». Si le comportement de votre proche change ainsi et si ces signes perdurent, il est conseillé d’aller consulter un médecin le plus tôt possible.

Les causes de la dépression

Les causes personnelles
Les causes personnelles de la dépression sont les plus difficiles à cerner, car elles peuvent justement être de nature extrêmement diversifiées selon les individus, leur histoire et leur caractère. Passivité ou « suractivité », trop de responsabilités ou pas assez, perte d’emploi, blessures de l’enfance, deuil d’un être cher, solitude ou isolement, les raisons menant à la dépression peuvent parfois s’accumuler. Les problèmes appellent souvent de plus profonds troubles, la personne s’enfonce dans une sorte de culpabilité. Pour sortir de ce cercle vicieux, le dépressif aura forcément besoin d’une aide extérieure.

Les causes liées à la maladie et au traitement
Une maladie peut aussi être à l’origine de nombreuses dépressions. Cancers, crises cardiovasculaires, maladies infectieuses, Alzheimer, Huntington ou encore anémie… peuvent favoriser la dépression. Il en est de même des effets secondaires de quelques médicaments comme les glucocorticoïdes, les antihypertenseurs, les stéroïdes anabolisants ou certains psychotropes. À ces raisons purement médicales s’ajoutent par ailleurs d’autres facteurs plus psychologiques liés à l’angoisse évidente d’un malade : peur du lendemain, du regard des autres, de la souffrance ou inquiétude de devoir laisser ses proches.

Un mal contemporain ?

Familles monoparentales, divorces, diminution du temps de travail, ennui… Notre monde contemporain serait selon certaines théories plus propice à la dépression. Cette idée, sans être forcément complètement fausse, doit cependant être nuancée. Si l’on décèle davantage de dépressions aujourd’hui, cela provient peut-être aussi du fait d’une meilleure perception et recherche sur ce sujet. La dépression n’est évidemment pas née hier ou avant-hier. D’anciens livres de médecine, vieux de plusieurs siècles, y faisaient déjà référence.

Comment se comporter avec une personne dépressive

Ne pas culpabiliser
Vivre auprès d’un être dépressif n’est pas chose facile et il peut parfois arriver que nos nerfs lâchent. Si vous êtes dans ce cas, gardez cependant bien à l’esprit que votre proche ne désire pas être dans cette situation et qu’il en souffre. Par conséquent, même si cela peut vous énerver de le voir sombrer ou rester inerte des journées entières, ne le lui reprochez jamais. Inutile non plus de lui rappeler qu’il y a plus malheureux que lui : il le sait déjà et cela risquerait de redoubler en lui un sentiment de culpabilité. Ne vous sentez pas non plus responsable de son état : les raisons qui expliquent une dépression sont beaucoup plus complexes qu’une simple question de désaccord avec quelqu’un.

Être présent et à l’écoute
La meilleure façon pour un dépressif de s’en sortir est d’abord d’être soutenu par son entourage. Même s’il ne vous le fait pas forcément ressentir, votre appui et votre affection lui sont d’un grand secours.

Cherchez à comprendre
Parlez-lui, cherchez à comprendre ce qui ne va pas, montrez-lui qu’il compte énormément pour vous. Essayez de lui faire entrevoir des perspectives meilleures, de chercher avec lui des solutions. Même si vos efforts pourront parfois vous paraître vains, sachez que, malgré les apparences, il n’est pas sourd à ce que vous dites. Les anciens dépressifs témoignent ainsi souvent du rôle prépondérant joué par leurs proches dans leur guérison.

Comment sortir de la dépression

Les antidépresseurs
La dépression se caractérise notamment, comme on l’a déjà écrit, par un déséquilibre au niveau de certains neurotransmetteurs. Sortir de la dépression et s’attaquer à ses causes directes revient donc à rétablir progressivement un équilibre. C’est le rôle joué par les antidépresseurs. En quelques semaines, souvent à peine un mois (dans les situations les plus simples), le patient sort ainsi progressivement de sa léthargie, reprend goût à la vie et retrouve des pensées plus positives. Les antidépresseurs sont souvent prescrits pour une durée d’au moins six mois pour éviter le risque de rechute.

La psychothérapie
S’attaquer à la dépression consiste également à soigner ses causes profondes et originelles. Ce qui suppose le plus souvent de prendre le temps de suivre des séances de psychothérapie. Si le soutien et l’écoute des proches sont donc primordiaux, le dépressif a aussi besoin de se confier à un professionnel de santé, à quelqu’un d’extérieur. Celui-ci lui permettra de voir sous un jour nouveau ses problèmes, à l’origine de sa dépression.

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